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La langue: Anglais/Franc
Note moyenne : 4.60/10 (sur 40 notes)
Résumé :
être reconnue sainte n’est pas simple ! il aura fallu cinq années, entre 1910 et 1915, pour que l’on admette la vraie nature de thérèse de lisieux. cinq années durant lesquelles des proches ont témoigné. cinq années pendant lesquelles céline, sœur geneviève – qui fut non seulement sa sœur aînée mais également sa novice –, a proclamé que

Conseils et souvenirs a été finaliste du... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (29)
sarahauger
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sarahauger
    le 20 février 1893, la révérende mère agnès de jésus, élue prieure du carmel de lisieux, nomma maîtresse des novices mère marie de gonzague, qu'elle remplaçait à la tête de la communauté.  peu après, elle demanda à soeur thérèse de l'enfant-jésus - âgée seulement de vingt ans, mais dont elle connaissait mieux que personne l'intelligence et les vertus - de s'occuper discrètement de ses compagnes, de recevoir leurs confidences et de les former à la vie religieuse.    il n'y avait alors au noviciat, avec la sainte, que deux soeurs (converses) : soeur marthe de jésus et soeur marie-madeleine du saint-sacrement.  successivement, entrèrent au carmel de lisieux et se joignirent à elles : soeur marie de la trinité, le 16 juin 1894; soeur geneviève de la sainte face, le 14 septembre 1894, et sa cousine, soeur marie de l'eucharistie, le 15 août 1895.
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    dans ses conversations particulières avec les novices, la sainte donnait les conseils les mieux adaptés à chacune.  elle éclairait les cas de conscience et les difficultés de ses novices selon leurs tendances personnelles, leurs besoins propres, leurs épreuves ou leurs joies actuelles. il arrivait que tels conseils donnés à l'une n'auraient pu convenir à l'autre.  ceci avait été souligné par la sainte elle-même.  on remarquera dans le passage suivant un rare don surnaturel de psychologie qui se retrouve dans tout l'exercice de sa fonction auprès des novices :    ...j'ai vu d'abord que toutes les âmes ont à peu près les mêmes combats, mais qu'elles sont si différentes d'un autre côté que je n'ai pas eu de peine à comprendre ce que disait le père pichon : il y a bien plus de différence entre les âmes qu'il n'y en a entre les visages.  aussi est-il impossible d'agir avec toutes de la même manière... on sent qu'il faut absolument oublier ses goûts, ses conceptions personnelles et guider les âmes par le chemin que jésus leur a tracé, sans essayer de les faire marcher pas sa propre voie - ms c 23,2 -     ...qu'arriverait-il si un jardinier maladroit ne greffait pas bien ses arbustes ? s'il ne savait pas reconnaître la nature de chacun et voulait faire éclore des roses sur un pêcher ?... il ferait mourir l'arbre qui cependant était bon et capable de produire des fruits.     c'est ainsi qu'il faut savoir reconnaître dès l'enfance ce que le bon dieu demande aux âmes, et seconder l'action de sa grâce, sans jamais la devancer ni la ralentir.     c'est à propos de l'éducation des enfants que la sainte faisait ces observations si judicieuses.  comme elle sut en tenir compte dans cette éducation des âmes qu'est  la formation donnée au noviciat !    en s'inspirant aussi de ces remarques, chacun fera dans ces conseils et souvenirs, le choix qui correspond le mieux à ses besoins personnels, car tous ne peuvent convenir indistinctement à chaque lecteur.    si elle était d'une grande bonté, notre sainte maîtresse était aussi d'une grande fermeté et ne nous passait absolument rien.  aussitôt qu'elle s'était aperçue de quelqu'imperfection, elle allait trouver la coupable et, bien que cela lui coûtât beaucoup, rien ne pouvait l'empêcher de faire son devoir.    un jour, dans un doux épanchement, soeur thérèse de l'enfant-jésus me dit :     le temps que j'ai passé à m'occuper des novices a été pour moi une vie de guerre, de lutte.  le bon dieu a travaillé pour moi..., je travaillais pour lui, et jamais mon âme n'a autant avancé... je ne cherchais pas à être aimée, je ne m'occupais pas de ce qu'on pouvait dire ou penser de moi, je ne cherchais qu'à contenter le bon dieu, sans désirer que mes efforts portent leur fruit.  oui, il faut semer le bien autour de soi, sans s'inquiéter s'il lève.  a nous le travail, à jésus le succès.  ne pas craindre la bataille quand il s'agit du bien du prochain, reprendre en dépit de sa tranquillité personnelle et beaucoup moins dans le but de réussir à ouvrir les yeux des novices, que dans celui de servir le bon dieu.  et pour qu'une réprimande porte du fruit, il faut que cela coûte de la faire et n'avoir pas une ombre de passion dans le coeur.     ce témoignage est exact.  je remarquais son grand renoncement, sa patience à nous écouter, à nous instruire, sans chercher aucune joie ni distraction.  je m'apercevais aussi de son désintéressement et du zèle avec lequel elle s'occupait des novices moins bien douées, leur montrant toujours la plus grande affection.  elle avait le respect des âmes quelles qu'elles soient.    a tout ce que nous lui disions, elle avait une réponse et, pour se faire bien comprendre, citait des textes de la sainte ecriture ou racontait des histoires qui nous gravaient dans la mémoire les vérités qu'elle voulait nous inculquer.    j'admirais sa grande sagacité pour dépister les ruses de la nature, les divers mouvements de notre âme.  elle avait en effet une perspicacité toute céleste, à tel point qu'on croyait parfois qu'elle lisait dans notre pensée.  on la sentait vraiment inspirée, je la consultais, croyant qu'elle ne pouvait pas se tromper et que le saint-esprit parlait par sa bouche, sans cependant que rien sortît de l'ordinaire et qu'elle parût se douter de la grâce qui opérait par elle.
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    il arrivait à ses novices de la déranger à temps et à contretemps, de la tracasser, de lui faire des questions indiscrètes sur ce qu'elle écrivait - le manuscrit de sa vie ou quelque lettre à l'un de ses frères spirituels.  jamais je ne l'ai vue répondre d'une façon tant soit peu impatiente, brusque ou même empressée.   elle était toujours calme et douce.
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    au début de sa charge de maîtresse des novices, quand nous lui racontions nos combats intérieurs, notre chère petite soeur cherchait à nous apaiser soit par le raisonnement, soit en nous démontrant avec clarté que telle de nos compagnes n'avait pas tort.  ceci amenait de longues discussions qui n'atteignaient pas le but désiré et n'étaient d'aucun profit pour nos âmes.  elle s'en aperçut bien vite et changea de tactique.  au lieu d'essayer de nous enlever nos combats en détruisant leur cause, elle nous les faisait regarder en face...    ainsi, par exemple, si j'allais lui dire : nous voilà au samedi, et ma compagne d'emploi, chargée de remplir le coffre à bois cette semaine, n'a pas pensé à le faire, alors que j'y mets tant de soin lorsque c'est mon tour !, elle essayait de me familiariser avec la chose même qui me jetait dans l'indignation.  sans chercher à faire disparaître le noir tableau que je traçais sous ses yeux ou à essayer de l'éclaircir, elle m'obligeait à le considérer de plus près et elle paraissait se mettre d'accord avec moi :    eh bien ! admettons, je conviens que votre compagne a tous les torts que vous lui attribuez...    elle agissait ainsi pour ne pas me rebuter et travaillait ensuite sur cette base.  petit à petit, elle arrivait à me faire aimer mon sort, à me faire même désirer que les soeurs me manquent d'égards et de prévenance, que mes compagnes remplissent imparfaitement leurs obédiences, que je sois grondée à leur place, accusée d'avoir mal fait ce dont je n'étais même pas chargée.  enfin, elle m'établissait dans les sentiments les plus parfaits.  puis, quand cette victoire était gagnée, elle me citait des exemples ignorés de vertu de la novice accusée par moi.  bientôt, le ressentiment faisait place à l'admiration et je pensais que les autres étaient meilleures que moi.    mais, bien plus, si elle savait que le fameux coffre à bois avait été rempli par cette soeur, depuis la visite que j'y avais faite, elle se gardait de me le dire, quoique cette révélation eût anéanti mon combat du premier coup.  suivant donc le plan que je viens de tracer, quand elle avait réussi à me mettre dans des dispositions parfaites, elle me disait simplement : je sais que le coffre est rempli.    quelquefois, elle nous laissait la surprise d'une découverte analogue et profitait de la circonstance pour nous démontrer que bien souvent on se donne des combats pour des raisons qui n'en sont pas et sur de pures imaginations.    on s'étonnera sans doute, à cette occasion, et en d'autres passages de ce livre, que des religieuses  aient à livrer de telles luttes contre la nature.  j'avoue avoir moi-même partagé  cet étonnement au début de ma vie carmélitaine.  il me semblait qu'après avoir consenti au sacrifice de la séparation d'avec la famille et du renoncement total au monde, il devait être aisé de porter les mille petits heurts de la vie commune. je fus bien vite détrompée, et  par expériences personnelles.    le cloître ignore les mille distractions qui servent de diversion à la sensibilité blessée, celle-ci éprouve donc plus à vif les petits malentendus provoqués fatalement par des tempéraments, des éducations, des caractères différents.  on voit telle âme, héroïque devant de grandes immolations, devoir livrer une lutte à mort à propos de menus incidents.  c'est ce que me fit remarquer soeur thérèse, en présence de faits à l'appui, comme je le dirai dans la suite.    ce combat de tous les instants est particulièrement méritoire.  il explique le mot, souvent cité, d'une religieuse expérimentée : mon calice, c'est la vie commune.  il donne tout son prix à la belle charité qui fleurit dans les monastères.  notre sainte, qui avait su si totalement triompher de ces épreuves et pacifier son âme, apportait toute sa vigilance à nous aider à franchir ces mêmes obstacles.  sa petite voie, sa petite doctrine, y faisaient merveille.
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2. pauvrete spirituelle           esprit d'enfance           confiance    humilité    parmi toutes les vertus, l'humilité surtout atteignit chez sainte thérèse de l'enfant-jésus les dernières limites et c'est pour être plus humble et plus petite qu'elle suivit la voie d'enfance spirituelle, ou plutôt c'est cette voie, suivie fidèlement, qui la rendit humble et simple comme un petit enfant.
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seigneur, souffrir et être méprisé !        quand elle souffrit l'épreuve si humiliante de la maladie de notre père vénéré, elle montra que ses désirs de mépris n'étaient pas lettre morte.     que de fois, depuis son adolescence, n'avait-elle pas répété, avec enthousiasme, cette parole de saint jean de la croix : seigneur, souffrir et être méprisé pour vous !  c'était le thème de nos aspirations quand, aux fenêtres du belvédère, nous devisions ensemble sur la vie éternelle.
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aimer qu'on vous commande et vous blâme        il faudrait surtout, me disait-elle, être humble de coeur et vous ne l'êtes point, tant que vous ne voulez pas que tout le monde vous commande.  vous êtes de bonne humeur tant que les choses vous réussissent, mais aussitôt qu'elles ne vont plus à votre idée, votre figure se rembrunit.  et cela n'est pas la vertu.  la vertu c'est de se soumettre humblement sous la main de tous, c'est de vous réjouir de ce qu'on vous blâme - imit.l.iii  ch.49 -     au commencement de vos efforts, la même contrariété paraîtra à l'extérieur et les créatures vous jugeront aussi imparfaite, mais c'est là le plus beau de l'affaire, car vous pratiquerez l'humilité, qui consiste non pas à penser et à dire que vous êtes remplie de défauts, mais à être heureuse que les autres le pensent et même le disent.    nous devrions être très contentes que le prochain nous dénigre quelquefois car si personne ne faisait ce métier-là que deviendrions-nous ?  c'est notre petit profit...    au cours d'une fête de communauté où l'on avait représenté une récréation pieuse de sa composition, elle fut reprise sur sa longueur et on la fit interrompre.  - c’était le cantique de « l’ange du désert », dans la pièce de la « fuite en egypte », 21 janvier 1896 -   je la surpris, dans la coulisse, essuyant furtivement quelques larmes; puis, s'étant ressaisie, elle resta paisible et douce sous l'humiliation.
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sarahauger
    je veux bien accepter les remarques quand elles sont justes, lui disais-je; dès que j'ai tort, j'en conviens, mais je ne puis supporter les réprimandes si je ne suis pas en faute.    - pour moi, reprit-elle, c'est tout le contraire, je préfère être accusée injustement, parce que je n'ai rien à me reprocher et j'offre cela au bon dieu avec joie; ensuite je m'humilie à la pensée que je serais bien capable de faire ce dont on m'accuse.
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sarahauger
    en une circonstance où soeur thérèse de l'enfant-jésus m'avait montré tous mes défauts, j'étais triste et un peu désemparée.  moi qui désire tant posséder la vertu, pensai-je, m'en voilà bien loin, je voudrais tant être douce, patiente, humble, charitable, ah ! je n'y arriverai jamais !... cependant, le soir, (21) à l'oraison, je lus que sainte gertrude exprimant ce même désir, notre-seigneur lui avait répondu :    en toutes choses et par-dessus tout, aie bonne volonté, cette seule disposition donnera à ton âme l'éclat et le mérite spécial de toutes les vertus.  quiconque a bonne volonté, désir sincère de procurer ma gloire, de me rendre grâces, de compatir à mes ouffrances, de m'aimer et de me servir autant que toutes les créatures ensemble, celui-là recevra indubitablement des récompenses dignes de ma libéralité et son désir lui sera quelquefois plus profitable que ne le sont à d'autres leurs bonnes oeuvres.    très contente de cette bonne parole, toute à mon avantage, j'en fis part à notre chère petite maîtresse qui surenchérit et ajouta :    avez-vous lu ce qui est rapporté dans la vie du (22) père surin ?  il faisait un exorcisme et les démons lui dirent : nous venons à bout de tout, il n'y a que cette chienne de bonne volonté à laquelle nous ne pouvons pas résister ! eh bien ! si vous n'avez pas de vertu, vous avez une petite chienne qui vous sauvera de tous les périls; consolez-vous, elle vous mènera au paradis ! - ah ! quelle est l'âme qui ne désire pas posséder la vertu ! c'est la voie commune ! mais que peu nombreuses sont celles qui acceptent de tomber, d'être faibles, qui sont contentes de se voir par terre et que les autres les y surprennent !
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sujets d'humiliation    un jour que j'étais découragée et que j'attribuais cet état de dépression à ma fatigue, elle me dit:    « il ne faut jamais croire, quand vous ne pratiquez pas la vertu, que cela est dû à une cause naturelle comme la maladie, le temps ou le chagrin.  vous devez en tirer un grand sujet d'humiliation et vous ranger parmi les petites âmes, puisque vous ne pouvez pratiquer la vertu que d'une façon si faible.  ce qui vous est nécessaire maintenant, ce n'est pas de pratiquer des vertus héroïques, mais d'acquérir l'humilité.  pour cela, il faudra que vos victoires soient toujours mêlées de quelques défaites, de sorte que vous n'y puissiez penser avec plaisir.  au contraire, leur souvenir vous humiliera en vous montrant que vous n'êtes pas une grande âme.  il y en a qui, (23) tant qu'elles sont sur la terre, n'ont jamais la joie de se voir appréciées des créatures, ce qui les empêche de croire qu'elles ont la vertu qu'elles admirent chez les autres.
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un petit moyen    dernièrement, me dit-elle, j'ai eu un mouvement de nature avec une soeur, je crois qu'elle ne s'en est pas aperçue, le combat étant intérieur; cependant, je me suis nourrie de la pensée qu'elle m'avait trouvée sans vertu et j'ai été bien heureuse de m'y sentir. »    une autre fois, dans une occasion semblable, elle me disait :  « cela me comble de joie d'avoir été imparfaite, aujourd'hui le bon dieu m'a fait de grandes grâces, c'est une bonne journée...je lui demandai alors comment elle pouvait éprouver ces sentiments ?  mon petit moyen, me répondit-elle, c'est d'être toujours joyeuse, de toujours sourire, aussi bien quand je tombe que lorsque je remporte une victoire.
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la vraie joie    je remarquais que quelque chose dont on se réjouissait, une pensée gaie, même pieuse, finissait par fatiguer le coeur quand on s'y attachait et que la persistance d'une joie devenait tristesse.  elle me répondit :     en dieu seul est le repos, et la vraie joie qui ne fatigue jamais est celle que l'on puise dans le mépris de soi-même.  ainsi à propos de votre faiblesse d'hier soir ...(j'avais versé quelques larmes parce que cela me coûtait d'aller à la visite des malades après matines, alors que j'étais très fatiguée, et une soeur l'avait vu) : si la soeur qui vous a surprise vous juge sans vertu et que vous en convenez vous-même du fond du coeur, voilà la vraie joie ! (25)    - oh ! vous avez raison, je comprends si bien ce que je devrais faire, je le vois clairement et je ne puis agir, non, jamais je ne serai bonne !- si, si, vous y arriverez, le bon dieu vous y fera arriver.- oui, mais jamais les créatures ne s'en apercevront et si je tombe toujours, on me trouvera toujours imparfaite , tandis que vous, elles vous reconnaissent de la vertu.- c'est parce que je ne l'ai jamais désiré ! qu'on vous trouve toujours imparfaite, c'est ce qu'il faut, c'est là votre gain.  se croire soi-même imparfaite et trouver les autres parfaits, voilà le bonheur.  que l'on vous reconnaisse sans vertu ne vous enlève rien et ne vous rend pas plus pauvre, ce sont les autres qui perdent en joie intérieure, car il n'y a rien de plus doux que de penser du bien du prochain.  c'est tant pis pour vous, si vous vous en humiliez pour l'amour de dieu.
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sarahauger
le saint qui jouait à la balançoire    prenant trop à la lettre le conseil de saint paul : ayez soin de faire le bien, non seulement devant dieu, mais aussi devant les hommes, je rêvais toujours de donner le bon exemple autour de moi, je voulais que les novices me prennent pour modèle, aussi quand j'avais le malheur de tomber, je croyais tout perdu :    cela, me dit-elle, c'est de la recherche de soi-même, un faux zèle et une illusion.  on raconte qu'un evêque, désirant connaître un saint qui jouissait d'une haute réputation, alla le trouver accompagné des grands de son entourage.  le saint, voyant de loin venir le prélat avec sa cour, eut un mouvement de vanité, c'est pourquoi, voulant réagir et apercevant des enfants qui jouaient à la balançoire sur (27) un tronc d'arbre, il en fit promptement descendre un et se mit à sa place.  l' evêque le prit pour un insensé et s'en retourna sans autre examen.    ainsi souvent l'âme n'est pas assez forte pour porter la louange, elle doit alors, parfois, sacrifier même un bien apparent, à sa propre sanctification.  vous devriez vous réjouir de tomber car si, en tombant, il n'y avait pas d'offense de dieu, il faudrait le faire exprès afin de s'humilier.
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sarahauger
comme la sainte vierge    elle était indifférente à ce qu'on pensait d'elle, même quand les autres se malédifiaient de quelque apparence.  c'est ainsi qu'au début de sa maladie, étant obligée d'aller prendre des remèdes quelques minutes avant les repas, une soeur ancienne s'en étonna et s'en plaignit, la trouvant irrégulière.  soeur thérèse de l'enfant-jésus n'aurait eu qu'un mot à dire pour s'excuser et rendre le calme à cette soeur.  elle se garda bien de le faire, prenant exemple sure la conduite de la sainte vierge, qui préférait se laisser diffamer plutôt que de s'excuser auprès de saint joseph.  elle me parlait souvent de cette conduite si simple et si héroïque.
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    si le bon dieu lui donnait des lumières, elle nous les communiquait autant qu'elle le pouvait... mais il y eut parfois de ces lumières vives et pénétrantes qui ne firent que se montrer à elle sans lui laisser aucun souvenir : aussitôt, je voulais les ressaisir, me dit-elle, mais impossible; alors, au lieu de me fatiguer à chercher ce qui avait produit cette joie dans mon âme, je me contentais de jouir du baume qu'elle m'avait laissé sans savoir comment il était venu, et j'étais heureuse de cette pauvreté...    comme les petits enfants qui n'ont rien en propre et dépendent absolument de leurs parents, elle voulait qu'on vive au jour le jour, sans faire de provisions spirituelles.        si le bon dieu veut des belles pensées et des sentiments sublimes, il a ses anges... il pouvait même créer des âmes si parfaites qu'elles n'auraient eu aucune des faiblesses de notre nature.  mais non, il met ses délices dans de pauvres petites créatures faibles et misérables... sans doute que cela lui plaît mieux !
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ne s'appuyer sur rien    soeur thérèse se rappelait les paroles et les passages des livres saints pour nourrir sa piété.    je lui dis : « c'est ce que je voudrais, mais je n'ai pas assez de mémoire !    -ah ! voilà que vous voulez posséder des richesses, avoir des possessions ! s'appuyer là-dessus, c'est s'appuyer sur un fer rouge ! il en reste une petite marque ! il est nécessaire de ne s'appuyer sur rien, même pas sur ce qui peut aider la piété.  le rien, c'est la vérité, c'est de n'avoir ni désir, ni espoir de joie.  qu'on est heureux alors ! où trouvera-t-on quelqu'un parfaitement exempt de la honteuse recherche de soi-même, dit l'imitation, il faut le chercher bien loin et jusqu'aux extrémités de la terre (imitation, l.ii, xi, 4). bien loin, c'est-à-dire bien bas... bien bas dans sa propre estime, bien bas par son humilité, bien bas, c'est-à-dire quelqu'un de tout petit... »
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tout le monde recherche les augures    elle me disait : vous vous livrez trop à ce que vous faites, comme si chaque chose était votre fin dernière et vous espérez sans cesse être arrivée; vous êtes étonnée de tomber.  il faut toujours s'attendre à tomber ! vous vous préoccupez de l'avenir comme si c'était vous qui deviez l'arranger, je comprends alors votre anxiété; vous êtes tout le temps à vous dire : o mon dieu, que va-t-il sortir de mes mains ! tout le monde recherche ainsi les augures, c'est la voie commune, ceux qui ne les recherchent pas ce sont uniquement les pauvres d'esprit.
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vanité de l'estime des créatures    je manifestais le désir que les créatures me tiennent compte de mes efforts et remarquent mes progrès.    agir ainsi, répliqua vivement soeur thérèse, c'est imiter la poule qui avertit tous les passants, dès qu'elle (31) a pondu.  comme elle, vous voulez, dès que vous avez bien agi, ou que votre intention a été irréprochable, que tout le monde le sache et vous estime...    quelle vanité de vouloir être appréciée de vingt personnes qui vivent avec nous et qui s'occupent chacune, dans leur petit centre , de leurs intentions respectives, de leur santé, de leur famille, de leurs progrès spirituels ou de leurs intérêts personnels, qui laissent échapper des paroles plus ou moins heureuses ! mais en regardant les portraits des saints, je me dis qu'il ont été sujets eux-mêmes à bien des faiblesses, que de leur bouche sont sorties, à l'occasion, des expressions tout humaines, parfois vulgaires.  alors je pense que je ne veux être aimée, estimée qu'au ciel...parce que là seulement tout sera parfait.        c'est bien vrai qu'elle ne désirait être aimée et estimée qu'au ciel, car sur la terre elle n'avait jamais cherché qu'à être comptée pour rien.  que de fois ne m'a-t-elle pas dit que : le mépris lui ayant paru trop glorieux, parce qu'on ne peut mépriser que ce que l'on connaît, elle s'était passionnée pour l'oubli !
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sarahauger
    contrairement à ma chère petite soeur, moi, toujours séduite par la vaine gloire, je m’efforçais d’attirer l’attention  sur mes sacrifices. elle me disait alors :    vous êtes dans le faire valoir, vous ! il y en a beaucoup qui exercent ce métier-là, moi, je m'en garde bien, j'aurais peur de ne pas assez gagner.  au contraire, je cache autant que possible ce que je fais (32) et je le mets à la banque du bon dieu sans m'inquiéter si cela rapporte ou non.    une fois, en riant, m'obligeant à lui présenter la main, elle m'écrivit, à l'encre, sur un ongle : amour du lucre et me força à garder quelque temps cette marque !
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couvertures usagées et intérêt personnel    comme nous battions des couvertures, il m'arriva de dire d'un air assez mécontent de faire plus attention parce qu'elles étaient en très mauvais état.    soeur thérèse de l'enfant-jésus me fit alors cette remarque :    que feriez-vous si vous n'étiez pas chargée de raccommoder ces  couvertures ? comme vous agiriez avec dégagement d'esprit ! et si vous faisiez observer qu'elles sont faciles à déchirer, comme ce serait sans attache ! ainsi, qu'en toutes vos actions, ne se glisse jamais l'ombre la plus légère d'intérêt personnel.
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sarahauger
la bague de céline est perdue    il s'agit d'un trait d'enfance qu'elle-même a relaté dans son manuscrit  - ms a , 7,2 -   elle avait deux ans  quand on la conduisit au mans pour être présentée à notre tante visitandine.  celle-ci lui donna un petit panier en perles rempli de bonbons, sur lesquels se trouvaient deux bagues en sucre.  aussitôt, (33) le bébé s'écria : quel bonheur, il y a une bague pour céline !    mais, en se rendant à la gare pour rentrer à alençon, elle s'aperçut que ses bonbons étaient tous semés dans la rue et qu'une des précieuses bagues avait disparu.  la bague de céline est perdue ! pensa-t-elle, et sa douleur fut si grande qu'à ses larmes se mêlèrent des cris.    plus tard, au carmel, me racontant le fait, elle me dit : regardez comme l'amour de soi est inné en nous, car enfin pourquoi était-ce la bague de céline qui avait été perdue plutôt que la mienne ?
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faire le sacrifice de ne pas cueillir de fruits    jusqu'à l'âge de quatorze ans, me confia-t-elle, j'ai pratiqué la vertu sans en sentir la douceur, je n'en recueillais pas de fruits : mon âme était comme un arbre dont les fleurs tombaient, à mesure qu'elles étaient écloses.  faites au bon dieu le sacrifice de ne jamais cueillir de fruits, c'est-à-dire  de sentir toute votre vie la répugnance à souffrir, à être humiliée, à voir toutes les fleurs de vos bons désirs et de votre bonne volonté tomber à terre sans rien produire.  en un clin d'oeil, au moment de votre mort, il saura bien faire mûrir de beaux fruits sur l'arbre de votre âme.    le bon dieu se plut à me montrer combien ma thérèse avait raison, car je lus, dans l'ecclésiastique, ce passage que je lui communiquai et qui la ravit : il est tel homme manquant de force et abondant en pauvreté, et l'oeil de dieu l'a regardé en bien, et il l'a relevé de son humiliation, et il a élevé sa tête; beaucoup s'en sont étonnés et ont honoré dieu.  confie-toi en dieu et demeure à ta place, car il est facile au seigneur d'enrichir tout d'un coup le pauvre.  sa bénédiction se hâte pour la récompense du juste, et en un instant rapide il fait fructifier ses progrès  - *eccl. xl 12,12,19,20 -
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sarahauger
    au procès, lorsque le promoteur de la foi m'a demandé pourquoi je désirais la béatification de soeur thérèse de l'enfant-jésus, je lui ai répondu que c'était uniquement pour faire connaître sa petite voie.  c'est ainsi qu'elle appelait sa spiritualité, sa manière d'aller à dieu.    il a repris : si vous parlez de voie, la cause tombera infailliblement, comme il est déjà arrivé en plusieurs circonstances analogues.- tant pis, ais-je répondu, la crainte de perdre la cause de soeur thérèse ne saurait m'empêcher de mettre en valeur le seul point qui m'intéresse : faire, en quelque sorte, canoniser la petite voie.    et je tins bon, et la cause ne tomba pas à l'eau.  c'est pourquoi j'ai éprouvé plus de joie au discours de benoît xv qui exaltait l'enfance spirituelle qu'à la béatification et la canonisation de notre sainte.  mon but était atteint ce jour-là, 14 août 1921.    d'ailleurs, le summarium a enregistré cette réponse que je fis au sujet des dons surnaturels : ils ne furent que très rares dans la vie de la servante de dieu.  pour moi, je préférerais qu'elle ne fût pas béatifiée plutôt que de ne pas donner son portrait comme je le crois exact en conscience.    ...sa vie devait être simple pour servir de modèle aux petites âmes.
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sarahauger
    c'est la vérité qu'en toute rencontre notre chère maîtresse nous indiquait sa petite voie.  pour y marcher, déclarait-elle, il faut être humble, pauvre d'esprit et simple.    combien elle aurait goûté, si elle l'avait connue, cette prière de bossuet : grand dieu !...ne permettez pas que certains esprits, dont les uns se rangent parmi les savants, les autres parmi les spirituels, puissent jamais être accusés à votre redoutable tribunal, d'avoir contribué en aucune sorte à vous fermer l'entrée de je ne sais combien de coeurs, parce que vous vouliez y entrer d'une façon dont la seule simplicité les choquait et par une porte  qui, tout ouverte qu'elle est par les saints depuis les premiers siècles de l’église, ne leur était peut-être pas encore assez connue ;  faites plutôt que, devenant tous aussi petits que des enfants, comme jésus-christ l'ordonne, nous puissions entrer une fois (36) par cette petite porte, afin de pouvoir ensuite la montrer aux autres, plus sûrement et plus efficacement.  ainsi soit-il.    rien d'étonnant qu'à sa dernière heure, ce grand homme ait prononcé ces paroles émouvantes : si je pouvais recommencer ma vie, je voudrais n'être qu'un tout petit enfant donnant sans cesse la main à l'enfant jésus.
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sarahauger
    thérèse sut merveilleusement, dans la lumière révélée aux petits, découvrir cette porte de salut et l'indiquer aux autres.  la sagesse divine et la sagesse humaine n'ont-elles pas marqué, dans cet esprit d'enfance, la vraie grandeur d'âme ? tels ces illustres philosophes chinois, qui l'avaient fixé par ces fortes définitions :    la vertu mûre aboutit à l'état d'enfance. (lao-tsé; viie siècle avant jésus-christ)    un grand homme est celui qui n'a pas perdu son coeur d'enfant. (meng-tsé; ive siècle avant jésus-christ)    et encore : connaître la vertu mâle, c'est avancer toujours dans la voie du bien et retourner à l'enfance. (tao-ta-ching)
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sarahauger
    pour notre sainte, cette petite voie consistait pratiquement dans l'humilité, comme je l'ai déjà dit. (37)     mais elle se traduisait encore par un esprit d'enfance très accusé.  ainsi, elle aimait beaucoup à m'entretenir de ces paroles qu'elle puisait dans l'evangile :    laissez venir à moi les petits enfants, le royaume des cieux leur appartient... leurs anges voient continuellement la face de mon père céleste... quiconque se fera petit comme un enfant sera le plus grand dans le royaume du ciel... jésus embrassait les enfants après les avoir bénis.  evangile.
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sarahauger
    elle les avait copiés au verso d'une image sur laquelle étaient fixées les photographies de nos quatre petits frères et soeurs envolés au ciel en bas âge.  elle m'en fit présent, gardant elle-même la pareille dans son bréviaire.  les photos sont maintenant en partie effacées par le temps.    sous ces textes évangéliques, elle en avait ajouté d'autres, tirés de la sainte ecriture, qui la ravissaient et toujours en liaison avec l'esprit d'enfance. :    heureux ceux que dieu tient pour justes sans les oeuvres, car à l'égard de ceux qui font des oeuvres, la récompense n'est point regardée comme une grâce, mais comme une chose due... c'est donc gratuitement que ceux qui ne font pas les oeuvres sont justifiés par la grâce en vertu de la rédemption dont jésus-christ est l'auteur. epître de saint paul aux romains.(38)(39)    le seigneur conduira son troupeau dans les pâturages.  il rassemblera les petits agneaux et les prendra sur son sein.  isaïe, ch. xl.
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sarahauger
    elle affectionnait aussi tout particulièrement une gravure qui représentait un enfant assis sur les genoux de notre-seigneur et faisant effort pour atteindre son divin visage et le baiser.    je lui montrais un memento avec la photographie d'une enfant, décédée en bas âge; elle mit son doigt sur le visage du bébé, en disant avec tendresse et fierté :    ils sont tous sous ma domination ! , comme si elle prévoyait déjà son titre de reine des tout-petits.
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