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HASH : 6ba3d22e8bafec7fdf5def37995c402f
La langue: Anglais/Franc
Note moyenne : 4.10/66 (sur 64 notes)
Résumé :
qui se souvient encore du mouvement des anarchistes naturiens, fondé en 1894 ? critiques du gigantisme industriel et de la technique, pionniers oubliés de l’écologie politique, les naturiens nous lèguent une réflexion d’une troublante actualité, tout en rappelant la violence exercée et l'aversion suscitée dès le début du xxe siècle par

Gravelle zisly et les anarchistes naturiens contre la civilisation industrielle a été finaliste du... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5)
sarahauger
pourfendeurs des ravages de l’industrialisation, du mythe du progrès et de l’expansion impérialiste, ils ont milité, jusqu’à l’expérimentation concrète, pour une vie simple et frugale, fondée sur le refus des marchandises frelatées. ils ont annoncé nombre des enjeux qui, de la déforestation à l'épuisement des ressources en passant par la pollution et la fabrication d'aliments artificiels, concernent désormais l'ensemble de la planète...  ils refusaient de se laisser enfermer dans la fausse alternative du retour aux cavernes ou de la poursuite inéluctable du développement industriel et mécanique. ils ont tenté de dessiner une autre voie, plus simple, fondée sur la promotion de l’autonomie, sur l’entraide, sur la simplicité volontaire contre l’exacerbation des faux besoins. la critique de la modernité industrielle que révèlent leurs textes conserve toute sa pertinence, tandis que le changement climatique et l’effondrement écologique deviennent chaque jour plus patents. face au renforcement des inégalités, de l'exploitation de la nature et de l'être humain dans un monde asservi par la marchandise, les propos des naturiens, inaudibles à leur époque, résonnent aujourd'hui comme de véritables prophéties. la décroissance et les naturiens sont tous les deux nés d’une révolte contre leur temps, tous les deux à la recherche d’une nouvelle harmonie avec le monde. comme eux il y a plus d’un siècle, la décroissance tente aujourd’hui de s’opposer aux idéologues de la modernisation forcenée.
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sarahauger
selon ces libertaires dissidents, il ne suffit pas de collectiviser les moyens de production, les mines de charbon ou les usines bagnes pour sortir de l’exploitation capitaliste, mais il faut retourner à la nature, vivre des fruits de la terre en se dépouillant des besoins factices. non seulement les naturiens propagent leurs critiques de la civilisation dans des causeries, des journaux et des brochures, mais ils s’efforcent d’appliquer leurs principes au quotidien, de mener une existence sobre, hygiénique, sans tabac ni alcool ni viande. sans confort artificiel, mais libre, au grand air, en dehors des villes tentaculaires. françois jarrige, le grand chroniqueur de la décroissance que l’on ne présente plus, retrace l’histoire passionnante et méconnue de ces anars naturiens (et notamment des deux figures de proue gravelle et zisly), de leurs idées, de leurs alertes sur les dégâts du progrès, de leurs modes de vie et de leurs expérimentations communautaires. et comme d’habitude dans la collection des précurseurs de la décroissance, des extraits de textes percutants suivent cette présentation synthétique.
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sarahauger
dans cette collection sur les précurseurs de la décroissance, présentant des auteurs très variés (diogène, épicure, murray bookchin en passant par lao tseu ou lanza del vasto), françois jarrige, historien des mutations de l’industrialisation et de ses dégâts écologiques et sociaux, propose un intéressant choix de textes. il est fort probable que les noms des deux principaux protagonistes du courant naturien soient absolument inconnus des lecteurs. en effet, françois jarrige s’engage dans une opération de réhabilitation d’une sensibilité libertaire, le courant naturien, minoritaire parmi les minoritaires. en effet, au sein des anarchistes, à la fin du xixe siècle et dans les premières années du xxe, se dégagent les figures de quelques individus qui s’érigent contre l’industrialisation et font l’éloge d’une nature bienfaitrice. regroupés autour de quelques journaux à la parution épisodique, emile gravelle (1855-1920) ou henri zisly (1872-1945) proposent de rompre avec la civilisation industrielle et ses maux (pollution, accélération du rythme de vie, dégradation de la nourriture, rupture avec la terre bienfaitrice…) pour retrouver la simplicité d’une vie en accord avec la nature.
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sarahauger
françois jarrige présente ces personnages comme des précurseurs oubliés, car défaits, de l’écologie politique et du courant décroissant. ne croyant pas aux vertus de l’action collective (incarnée par l’anarchisme ouvrier intégrant le mouvement syndical), ces naturiens vont tenter, à défaut de faire la révolution, d’expérimenter de nouveaux styles de vie, basés sur des valeurs attribuées à la nature (on comprend d’ailleurs que leur référence soit plus jean-jacques rousseau que les théoriciens de l’action directe). des tentatives de vie communautaires sont ainsi engagées, autour des milieux libres, afin de développer le végétarisme, l’abstinence alcoolique, l’absence de tabac, le naturisme, entremêlés de malthusianisme et de contrôle des naissances. les quelques utopies néo-rurales tournent rapidement court, malgré la volonté de puritanisme qui les animent. de collectif, le mouvement naturien va s’incarner alors dans des pratiques individualistes qui achèvent d’isoler leurs promoteurs. si l’auteur évoque bien le caractère marginal de ces libertaires (« parias, des travailleurs et intellectuels déclassés par le mouvement de la modernité (…), p. 57), il n’en reste pas moins que leur « idéal ne saurait être ramené à l’excentricité de quelques individus désœuvrés ou aigris » (p. 58).
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sarahauger
par cette plongée dans un univers largement méconnu, sauf pour qui a lu arnaud baubérot (histoire du naturisme, pur, 2004), source principale de l’auteur, françois jarrige s’engage volontiers dans une réhabilitation de ces militants, allant jusqu’à se laisser dominer par quelques approximations. ainsi, lorsqu’il évoque le fait que « le bolchevisme élimine brutalement ses partisans (lire anarchistes) (nestor makhno, andrés nin) » (p. 56). est- il nécessaire de rappeler que non seulement andrés nin n’a pas grand-chose à voir avec l’anarchisme1 et que de surcroît, le bolchevisme s’était mué en stalinisme depuis plusieurs années lorsqu’il fut assassiné en espagne par la police politique soviétique.
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