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HASH : ec5f8867af9885074b60ba27de156eec
La langue: Anglais/Franc
Note moyenne : 4.11/25 (sur 56 notes)
Résumé :
centrée sur trois pays (la france, la grande-bretagne et la suisse), l’analyse des évolutions contemporaines de l’extrême droite ne se limite pas à mesurer ses scores électoraux. elle scrute les précédents historiques – l’entre-deux-guerres ou l’époque

Les tentatives de banalisation de l'extreme droite en europe a été finaliste du... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (24)
sarahauger
dès lors que les partis et mouvements situés à l’extrême droite de l’échiquier politique continuent à porter intrinsèquement un discours, des valeurs et des pratiques hostiles à ce qui vient de l’étranger, leur banalisation ne relève que d’une façade au regard des valeurs et principes situés au cœur des sociétés démocratiques européennes.
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synopsis: "cet ouvrage offre un regard et une analyse pluridisciplinaires sur le phénomène polymorphe dit de la « banalisation » de l’extrême droite. centrée sur trois pays (la france, la grande-bretagne et la suisse), l’analyse des évolutions contemporaines de l’extrême droite ne se limite pas à mesurer ses scores électoraux. elle scrute les précédents historiques – l’entre-deux-guerres ou l’époque algérienne de la france – et les divers ressorts de son développement, tels que l’utilisation des techniques du discours et du marketing ou l’existence de causes sociales objectives".
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sarahauger
les tentatives de banalisation de l'extrême droite en europe rassemble les contributions d'historiens, de politistes, de linguistes, de civilisationnistes, de sociologues et de juristes. cet ouvrage offre un regard et une analyse pluridisciplinaires sur le phénomène polymorphe dit de la banalisation de l'extrême droite. centrée sur trois pays (la france, la grande-bretagne et la suisse), l'analyse des évolutions contemporaines de l'extrême droite ne se limite pas à mesurer ses scores électoraux. elle scrute les précédents historiques - l'entre-deux-guerres ou l'époque algérienne de la france - et les divers ressorts de son développement, tels que l'utilisation des techniques du discours et du marketing ou l'existence de causes sociales objectives. les auteurs se penchent aussi sur la façon dont les acteurs de la parole publique appréhendent ce processus de banalisation et montrent comment les normes juridiques en sont un instrument de mesure. dès lors que les partis et mouvements situés à l'extrême droite de l'échiquier politique continuent à porter intrinsèquement un discours, des valeurs et des pratiques hostiles à ce qui vient de l'étranger, leur banalisation ne relève que d'une façade au regard des valeurs et principes situés au coeur des sociétés démocratiques européennes.
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sarahauger
l’histoire de l’europe de l’ouest face aux extrêmes droites n’est pas monolithique. chaque pays connaît ses spécificités, est confronté à ses propres réalités. dans certains pays, ces 17 dernières années ont vu une hausse constante de l’extrême droite.c’est le cas en france, où la période 2001-2018 a été décisive pour le front national (fn). pendant ce laps de temps, le fn voit successivement jean-marie le pen se qualifier au second tour de la présidentielle, sa ligne politique redéfinie sous l’impulsion de marine le pen, la succession du père à la fille à la tête du parti, et, enfin, l’accession au second tour de la présidentielle de cette dernière. sur 17 ans, les scores du fn augmentent, malgré quelques trous d’air (notamment lorsque nicolas sarkozy parvient à séduire nombre de ses électeurs, ou à l’occasion de scrutins peu favorables à la formation jusqu’à une période récente, tels que les municipales ou les cantonales). mais depuis le changement de leadership, l’éviction des éléments les plus radicaux et la mise en œuvre de la fameuse «dédiabolisation», le parti frontiste a su profiter d’une dynamique favorable et imposer nombre de ses thèmes de prédilection (immigration, souverainisme, euroscepticisme, islam) au cœur du débat français.marine le pen prend la tête du fn en 2011. il faut attendre l’année 2015 pour qu’une rupture franche intervienne avec son père. jean-marie le pen, alors président d’honneur du parti, commet la provocation de trop aux yeux de sa fille lorsqu’il assume une nouvelle fois ses anciens propos sur les chambres à gaz et en défendant la mémoire du maréchal pétain. après de longues batailles médiatiques et judiciaires, celui que l’on surnomme «le menhir» se voit peu à peu couper du parti qu’il a présidé pendant 40 ans. l’éviction du vieux leader n’offre pour autant pas une histoire plus calme au front national. en 2017, pendant la campagne présidentielle, le front national est au coude-à-coude dans les sondages avec le mouvement d’emmanuel macron, en marche!. marine le pen, la candidate du parti d’extrême droite pour cette élection, arrive finalement deuxième le soir du premier tour, obtenant 21,30% des voix. à titre de comparaison, ce résultat représente 1 million de voix de plus que celui obtenu lors des élections régionales de 2015 (7.678.491 contre 6.018.904), malgré un score inférieur (27,73% aux régionales, avec un taux de participation inférieur). en 2002, jean-marie le pen avait, lui, rassemblé 4.804.713 électeurs.au second tour, la candidate frontiste est rejointe par le souverainiste nicolas dupont-aignan (debout la france, 4,70%), auquel elle promet matignon si elle est élue. elle s’incline finalement avec 33,90% des voix face à emmanuel macron. elle gagne tout de même près de 3 millions d’électeurs par rapport au premier tour.aux législatives, le fn réalise 13,20% des voix, soit une baisse de 0,4% par rapport à 2012 (500.000 voix de moins). cependant, le parti passe de 2 députés à 8, dont marine le pen elle-même. a la suite de ce second tour raté, notamment marqué par un débat d’entre-deux-tours mal négocié, le fn traverse une période de remise en question qui voit le départ de florian philippot, tenant de sa ligne souverainiste et proche de la présidente du parti.au cours de la période étudiée, notons la présence de deux autres formations contestant l’hégémonie du fn sur son credo politique. le mouvement national républicain (mnr) et la ligue du sud.le mnr est mené par bruno mégret après la scission du front national à la fin des années 1990. s’il parvient peu après sa création à réaliser des scores entre 1 et 3%, il est aujourd’hui marginalisé. la ligue du sud est plus localisée mais récolte de meilleurs résultats. également fondée par un dissident du fn, le cadre historique jacques bompard, brouillé avec jean-marie le pen, la ligue du sud dirige actuellement trois mairies (dont celle d’orange) et compte un député (marie-france lorho).si nicolas dupont-aignan a choisi de soutenir marine le pen pour le second tour de l’élection présidentielle 2017, sa formation, debout la france (dlf), n’est pour le moment pas considérée par les chercheurs comme faisant partie de l’extrême droite.
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sarahauger
les résultats de l’extrême droite sont plus aléatoires aux pays-bas, donnant l’impression de faire des montagnes russes. mais au bout du compte, la poussée populiste semble bien ancrée dans le paysage politique néerlandais. longtemps, pourtant, l’extrême droite du pays a été divisée entre de multiples formations ne réalisant que des scores marginaux dans les urnes. le passage de la comète pym fortuyn lui a prouvé qu’elle pouvait faire plus que vivoter. homme politique au parcours atypique, pym fortuyn a fait de la dénonciation de l’islam et de l’opposition du peuple face aux élites les pierres angulaires de son discours. son assassinat en 2002 par un activiste d’extrême gauche avait propulsé ses listes à un inespéré 17%. l’élan ne s’était pas maintenu, s’essoufflant dès l’année suivante. mais la graine était semée et la relève est aujourd’hui assurée par le parti pour la liberté (pvv) de geert wilders, créé en 2006, qui assure depuis des scores dépassant régulièrement les 10%, sur des thèmes proches de ceux soutenus par fortuyn : mesures anti-immigration, anti-union européenne et politique sociale. le pvv a pour particularité de ne pas être un réel parti : il n’a qu’un seul adhérent, geert wilders. une manière très pratique d’évacuer toute contestation interne ou éventuelle révolution de palais.en 2010, avec 15% des voix, le pvv devient la troisième force politique du pays. un gouvernement minoritaire, dirigé par mark rutte est mis en place. le pvv n’y participe pas mais il le soutient au parlement, s’offrant ainsi un pouvoir de pression inédit. cette configuration dure deux ans. en 2012, l’alliance tombe, mais les élections sont un échec pour wilders. pour les élections 2017, geert wilders fait la course en tête dans les sondages pendant des mois. ses propositions polarisent le débat politiques : interdiction de la vente du coran, restriction drastique de l’immigration, sortie de l’ue, fermeture des frontières. le premier ministre de droite, mark rutte durcit son discours. les résultats sont finalement un échec pour wilders, qui ne totalise que 13,1% des voix, 2% en dessous de son score de 2010 et 4% sous celui des européennes 2009. il devient cependant la seconde force politique au parlement avec 20 sièges.
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sarahauger
certains pays, que l’on a cru épargnés par cette vague finissent par être rattrapés. c’es le cas de l’allemagne, longtemps restée hermétique électoralement à l’extrême droite, en raison du poids de son histoire. les score du parti néonazi, le parti national-démocrate d’allemagne (ndp), sont négligeables. ses 1% réalisés aux européennes de 2014 lui ont tout de même permis d’entrer pour la première fois au parlement européen. ses scores en allemagne de l’est lui donnent des représentants locaux, notamment en saxe et dans le mecklembourg-poméranie-occidentale. deux fois, en 2003 et en 2017, la cour constitutionnelle allemande a rejeté des demandes de dissolution le concernant. les juges ont considéré qu’il avait bien une «parenté avec le national-socialisme» et qu’il espérait pouvoir instaurer un «état autoritaire fondé sur communauté populaire définie ethniquement». cependant, ils ont estimé qu’il n’y avait pas lieu de l’interdire, considérant que le mouvement n’avait «pas de portée» réelle.hors du npd, l’extrême droite allemande a longtemps été réduite à de petits groupes d’ultras, parfois violents : le pays a connu l’un des plus importants développements du nombre de skinheads en europe. le début de cette vague peut être datée : entre la chute de l’urss et le début de la réunification allemande. elle est notamment liée au décalage entre la richesse de l’ouest et la pauvreté de l’est. «le néonazisme apparaît donc plutôt dans les régions industrielles, qui voient le déclassement et la paupérisation d’une classe populaire blanche», selon l’universitaire stéphane françois. la radicalité de certains éléments peut aller très loin, comme l’a montré la vague de meurtres perpétrés contre neuf immigrés et une policière, commis par des membres du parti national-socialiste souterrain (nsu), entre 2000 et 2006.cette absence de parti d’envergure aspirant le vote contestataire peut expliquer en partie l’explosion du mouvement pegida (patriotes européens contre l’islamisation de l’occident), début 2015, qui a réuni jusqu’à plusieurs dizaines de milliers de manifestants pendant plusieurs semaines. si le mouvement en lui-même s’est essoufflé, sa dynamique se retrouve en partie prolongée au travers de l’afd (alternative pour l’allemagne, créé en 2013), qui a réussi sa première poussée aux européennes de 2014, avec le score de 7%. son programme était à l’origine centré sur des questions économiques (on l’a surnommé le «parti des professeurs»), avec notamment une position anti-euro affirmée. il s’est radicalisé à l’occasion de la crise migratoire, sous l’impulsion de sa nouvelle figure de proue, frauke petry, pour mettre en avant des questions identitaires. cette dernière est pourtant rapidement dépassée par des plus radicaux. la campagne des élections législatives de septembre 2017 est ainsi confiée à alice weidel, (vivant en couple avec une femme d’origine sri-lankaise, fait notable pour un parti opposé au mariage gay et anti-immigration) et alexandre gauland. l’islam et l’immigration sont la cible principale de l’afd pendant la campagne. chose inimaginable dans le pays auparavant, gauland, fait l’éloge des soldats du iiie reich. entre ses déclaration anti-merkel et ses dérapages, l’afd parvient à fédérer les laissés pour compte de la croissance et les conservateurs endurcis. la formation double presque son score par rapport aux précédentes élections : 13%, qui se traduisent par près de 92 députés. pourtant, derrière cette réussite, couve la division. au lendemain du succès, frauke petry quitte le parti expliquant que la nouvelle radicalité de la ligne faisait fuir l’électorat modéré et annihilait toute possibilité d’alliance. elle fonde le parti bleu. face à la grande coalition d’angela merkel, l’afd devient le plus grand parti d’opposition. le parti d’extrême droite a obtenu la présidence de la commission parlementaire sur la justice ainsi que celle sur le tourisme. mais siéger au parlement n’a pas normalisé ni entraîné de modération du discours de l’alternative pour l’allemagne. alexander gauland, devenu porte-parole du parti, s’est réjouit d’y avoir «élargi le corridor du dicible».
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sarahauger
tout comme l’allemagne, le royaume-uni est longtemps resté à part. les partis extrémistes tels que le national front ou le british national party ne sont jamais parvenus à trouver une clientèle électorale comparable à celle du front national en france, le pays ne subissant qu’une poussée de fièvre tous les 5 ans pour les élections européennes. les populistes de ukip ont réussi un temps à se maintenir au-dessus de 12% aux législatives, amorce d’un éventuel changement. les membres de ukip se considèrent comme des vrais libéraux. ils estiment ainsi que marine le pen adopte des positions socialistes sur la question économique. eux veulent réduire les le budget et les responsabilités de l’état. sur les questions sociétales les deux formations sont en revanche plus proches, dénonçant l’immigration, jugée responsable de nombreux maux et souhaitant appliquer la tolérance zéro en matière de délinquance. ukip a milité activement pour en faveur du brexit. nigel farage, le leader historique de ukip, a cependant abandonné son poste de président peu après le vote en faveur de la sortie de l’union européenne.depuis, le parti est en chute libre et a dû changer de leader quatre fois en deux ans. le dernier président, henry bolton, a été mis en difficulté par des propos racistes tenus par son ancienne compagne dans des sms.
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sarahauger
malgré sa défaite lors de la seconde guerre mondiale, l’italie n’a pas connu de période réfractaire face au phénomène néofasciste. le msi (mouvement social italien), créé peu après l’interdiction du parti fasciste, a pu récolter jusqu’à 9% des voix dans les années 1970 et a été présent sans discontinuer à la chambre des députés pendant 40 ans. cependant le parti a définitivement muté dans les années 1990 pour devenir un parti de droite classique sous l’impulsion de gianfranco fini, terminant son parcours par une fusion avec le mouvement de silvio berlusoni. une multitude de petites formations (forza nuova, alleanza nazionale, fronte nazionale, azione sociale, movimento idea sociale, ou encore casapound) ont continué d’entretenir la flamme néofasciste mais sans parvenir à des résultats significatifs. ces dernières années, l’italie a été le berceau de deux mouvements originaux. dans le nord du pays s’est développé une tentative de régionalisme inédite avec la création de ligue du nord. cette dernière fondait son discours sur l’essor de la padanie, une entité imaginaire regroupant le nord du pays. la ligue du nord a adopté la chemise verte comme uniforme, jouant ici avec le côté sulfureux de ce code vestimentaire. au fil du temps, la ligne politique a eu tendance à se nationaliser et les critiques à se concentrer sur l’immigration. depuis quelques années, c’est cependant face à un phénomène nouveau que se trouve confronté l’italie avec l’émergence du mouvement 5 étoiles. difficilement définissable, certaines déclarations de ses dirigeants tendent à le classer dans le camp des néopopulistes. ses positions sur l’immigration sont très proches de l’extrême droite. d’autres mesures sont en revanche orientées à gauche, comme l’augmentation du salaire minimum ou l’instauration d’un revenu citoyen. il faut ajouter à cela des propositions très diverses telles que la demande de sortie de l’euro, la mise en place de mesures anti-corruption, d’aide aux pme, le tout énoncé avec un populisme assumé et en prônant une forme de démocratie directe. le mouvement 5 étoiles a remporté 25% des suffrages aux législatives en 2013 (109 députés sur 630). il réalise 21% aux élections européennes l’année suivante. en 2015, son score est de 15% aux élections régionales. en 2016, le parti réussit une nouvelle fois à marquer les esprits en remportant les mairies de rome (avec virginia raggi, 38 ans) et de turin (avec chiara appendino, 33 ans). mais la mauvaise gestion municipale de la capitale italienne et les soupçons de corruption qui pèsent sur l’équipe de virginia raggi entachent l’image du m5s. beppe grillo se met en retrait du parti, tout en ne s’en éloignant pas trop : il met en place un directoire de 5 personnes pour le remplacer. en juin 2017, des municipales partielles sont un échec pour le m5s. en septembre, luigi di maio, 31 ans, est élu comme leader pour remplacer grillo. un choix qui pose question sur le moment, notamment à cause de son profil: sans réelle expérience professionnelle, il est perçu par beaucoup comme un conservateur. dans le même temps, les choses changent à la ligue du nord. le vieux leader, umberto bossi, empêtré dans un scandale de corruption, est remplacé en 2013 par matteo salvini. la référence géographique est peu à peu abandonnée au profit d’un discours englobant l’italie entière. la transformation est entérinée par un changement de nom. «la ligue du nord» devient «la ligue» en 2018. salvini calque sa stratégie sur celle du front national français, axant son discours à l’encontre de l’immigration ou critiquant la monnaie européenne. l’option s’avère payante. la ligue, qui n’avait obtenu que 4% des suffrages lors des dernières législatives de 2013, a plus que quadruplé ce chiffre à environ 18% en 2018. la formation devance même son allié, forza italia de silvio berlusconi, qui n’obtient que 14%. salvini revendique donc la direction de la coalition et du gouvernement. le m5s n’est pas en reste, puisqu’il devient le premier parti du pays avec un score de 32,6%, un bon de 7 points par rapport à 2013. fort de ce résultat, luigi di maio revendique également la responsabilité de former le gouvernement.les deux formations s’entendent pour essayer de former un gouvernement commun. un exercice périlleux puisqu’il s’agit d’associer un programme conçu pour plaire aux petits patrons du nord avec un autre destiné aux déclassés du sud. le contrat de gouvernement essaye de contenter les deux en baissant et simplifiant l’impôt des particuliers et des entreprises (mesure demandée par la ligue) tout en prévoyant l’instauration d’un revenu citoyen de 780 euros par mois (mesure du m5s). autre mesure sociale : l’âge de départ à la retraite doit être abaissé. économiquement, m5s et ligue prévoient de pratiquer une politique de relance. institutionnellement, ils souhaitent baisser drastiquement le nombre de parlementaires. sur le plan international, le contrat prévoit de redéfinir les règles de fonctionnement européennes et de se rapprocher de la russie tout en restant au sein de l’otan. luigi di maio et matteo salvini, ne parvenant pas à résoudre leur querelle d’égaux sur le poste de président du conseil, choisissent finalement de désigner giuseppe conte, un économiste peu connu du grand public. le gouvernement qu’il propose est recalé une première fois par le président de la république à cause du ministre des finances, tenant d’une position anti-euro. huit jour plus tard, conte propose un second gouvernement, qui est cette fois accepté. matteo salvini et luigi di maio deviennent respectivement ministre de l’intérieur et ministre du développement économique.
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sarahauger
en grèce, l’extrême droite est sans doute l’une de celles qui a fait le plus parler d’elle ces dernières années en europe. pourtant tombée en désuétude quelques années après la chute du régime des colonels, elle est remontée en flèche au cours des années 2000. au début grâce au laos (alerte populaire orthodoxe), qui finit par entrer au gouvernement en 2011 dans une improbable alliance avec la gauche et obtient un ministre et trois vice-ministres. lesquels ont un certain pedigree puisque le ministre des transports, avait été membre d’un parti néonazi et que le vice-ministre de l’agriculture était un collaborateur du régime des colonels. outre leur positions nationalistes, les membres du laos se distinguent alors par des prises de position parfois fantaisistes, comme la volonté que tout le monde se mette à parler le grec ancien. ils prônent par ailleurs la défense de la religion orthodoxe. économiquement, ils sont partisans de l’austérité. cette participation gouvernementale balaiera les positions du laos, qui perd ses députés nationaux et européens au cours des années suivantes.cette disparition permet l’émergence de l’aube dorée (xa), formation d’inspiration néonazie devenue en quelques scrutins le troisième parti politique du pays. le parti frappe les consciences tant il rappelle les années 1930 dans son décorum. au niveau de son programme également. son but ultime est de former une nouvelle société peuplée d’hommes nouveaux. pour cela, il prône le recours à la démocratie directe, la planification de l’économie au service de l’état. il rejette violemment toute forme d’immigration estimant que la société est formée de personnes ayant «le même héritage biologique et spirituel».l’aube dorée est parvenue à maintenir ses scores depuis 2012, même si le nombre de voix qu’elle réunit tend à diminuer à chaque scrutin. en 2014, le parti subit un revers important après l’arrestation de 69 de ses membres dont les députés nationaux et son leader nikos michaloliakos, jugés pour appartenance à une organisation criminelle.
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sarahauger
à chypre, c’est une formation sœur de l’aube dorée grecque qui a fait son apparition en 2008. son président, christos christou s’affiche régulièrement avec le parti néo-nazi et des membres de l’elam célèbrent dans la rue les victoires de l’aube dorée.en 2016, avec un score de 3,7% seulement, le parti décroche deux députés au parlement. lors de l’élection présidentielle 2018, le score de la formation est en hausse. près de 5,7% des suffrages se portent sur le nom de christos christou.
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sarahauger
la suède fait également partie des pays récemment concernés. le parti des démocrates de suède (sd), situé à sa création à l’extrême droite radicale et proche de milieux néonazis, s’est longtemps contenté de scores négligeables, frôlant les 0%. en 2002, il dépasse pour la première fois 1% des voix. en 2006, il abandonne son ancien logo, une torche, pour adopter une plus douce fleur bleue et jaune. pendant cette période, il se débarrasse de ses éléments les plus radicaux et police son discours, abandonnant le racisme frontal pour adopter le rejet du multiculturalisme, troque la défense des droits sociaux contre le libéralisme. il double depuis ses scores à chaque élection parlementaire et réalise en 2014 à près de 13%, décrochant une cinquantaine de députés au parlement. un score qui force les partis traditionnels de gauche et de droite à passer un accord de gouvernement valable jusqu’en 2022. le but affiché de cette entente hors du commun est d’empêcher le pouvoir de nuisance de l’extrême droite au parlement.
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sarahauger
comme la suède, la finlande est longtemps restée hermétique aux mouvements nationaux-populistes. la vie politique est restée, jusqu’à une période récente, un jeu égal entre les trois principales forces du pays, s’alliant les unes avec les autres au gré des élections. il n’existe pas de véritable opposition entre la gauche et la droite et toutes les aspérités ont été gommées. pendant 10 ans, les vrais finlandais (qui changeront de nom pour devenir le parti des finlandais) n’ont obtenu que des résultats négligeables. il faut attendre 2007 pour voir leurs scores commencer à monter et leur discours eurosceptique et anti-immigration prendre dans l’opinion. ils explosent sur la scène politique en 2011 en réalisant 19% des voix. la personnalité charismatique de leur leader, timo soini, au milieu d’un paysage un peu consensuel, a sans doute joué dans ce succès. tout comme les effets de la mondialisation qui a frappé l’industrie nationale du bois et du papier. enfin, un scandale de corruption qui a poussé à la démission d’un premier ministre a également favorisé les populistes. timo soini réfute la qualification d’extrême droite et préfère décrire sa formation comme «un parti des travailleurs, sans socialisme».en 2015, avec près de 18%, ils entrent dans un gouvernement de coalition aux côtés du centre et de la droite. leur leader, timo soini devient ministre des affaires étrangères. il met alors de l’eau dans son vin, étant dans l’impossibilité de faire appliquer les principales mesures de son programme sur l’immigration, la politique européenne ou l’austérité. cette participation au gouvernement lui coûter cher puisque les finlandais ne tardent pas à chuter dans les sondages.au municipales 2017, les mauvais sondages trouvent une réalité dans les urnes. c’est la douche froide. les finlandais obtiennent 8,8% des voix. c’est une baisse de 3,5% par rapport aux précédentes municipales de 2012. le score est divisé par deux par rapport aux dernières élections, les législatives 2015. soini, reconnaît que sa formation «a souffert de la politique d’austérité du gouvernement». en juin 2017, après 20 ans de présidence du parti, il laisse sa place à jussi halla-aho, représentant de l’aile dure, déjà condamné pour des propos racistes. les alliés conservateurs des finlandais, le premier ministre juha sipilä en tête, expriment alors leur volonté de mettre fin à l’accord les liant, jugeant le parti infréquentable. alors que cette décision aurait normalement dû conduire à la chute du gouvernement, 20 députés sur les 37 que comptent les finlandais décident de quitter leur groupe parlementaire pour fonder leur propre groupe, baptisé nouvelle alternative. ils annoncent vouloir continuer leur collaboration avec les conservateurs: le gouvernement est maintenu et les ministres issus de leurs rangs conservent leurs fonctions, notamment timo soini. la scission est définitivement actée lorsque les partants annoncent vouloir créer leur propre parti, la réforme bleue, présidé par sampo terho. à la mi-octobre, ils parviennent à déposer les 5000 signatures faisant officiellement d’eux la 17e formation politique du pays. ils maintiennent la baisse des impôts sur le revenu, le contrôle de l’immigration et la défense de la finlande au sein de l’ue comme lignes directrices de leur parti. réforme bleue détient 5 portefeuilles ministériels. de leur côté, les finlandais choisissent laura huhtasaari (38 ans) pour les représenter à la présidentielle de 2018. cette dernière est connue pour ses positions sociétales conservatrices, anti-immigration et anti-ue. elle est chrétienne, créationniste et fervente supportrice de donald trump. au niveau international, elle se prononce pour le retrait d’un certains nombre de traités internationaux (ottawa, sur les mines antipersonnel, paris, sur le climat). elle dit craindre la puissance de poutine mais est opposée à l’intégration de la finlande à l’otan. en janvier 2018, elle réalise un score décevant, de 6,93%, en retrait par rapport aux 9,40% que soini avait obtenus en 2012.
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dans d’autres pays, les scores de l’extrême droite et des nationaux populistes ne sont pas une nouveauté. c’est le cas en autriche où il se maintiennent depuis 15 ans au-dessus des 15% et finissent ces dernières années entre 20 et 35%. le parti de la liberté d’autriche (fpö), existe depuis des dizaines d’années dans le paysage politique. créé en 1956 sur les décombres d’un parti regroupant d’ancien nazis, il a été dirigé à l’origine par un ancien officier de la ss. cependant, le parti a également su attirer des libéraux et ces derniers en ont même pris brièvement la direction dans les années 1980. en 1983, il entre alors une première fois au gouvernement. comme souvent pour les partis contestataires, cette participation se solde par un revers aux élections suivantes: en 1986, il ne réalise que 1,2% des voix. c’est à ce moment que le fpö va être repris en main par un leader charismatique qui va le porter de nombreuses années: jörg haider. grâce à celui-ci le fpö est monté en puissance et en respectabilité avec pour socle doctrinal le rejet des étrangers associé à une position économique très libérale.il se fait élire gouverneur de carinthie en 1989. mais deux ans plus tard, il doit démissionner après avoir fait l’éloge de la politique de l’emploi du iiie reich. cela ne l’empêche pas de récidiver sur ce terrain. en 1995, il déclare ainsi que la waffen-ss est la «partie de l’armée allemande à laquelle il faut rendre honneur». il retrouve finalement son siège en carinthie en 1999.son bon score aux législatives de 1999 lui permet d’entrer au gouvernement l’année suivante. le fpö forme alors une coalition avec le parti conservateur, provoquant de vives réactions en europe. en 2005, jörg haider, qui souhaite poursuivre l’alliance gouvernementale, fait sécession et créé le bzö (alliance pour l’avenir de l’autriche), réussissant à mordre une part de l’électorat du fpö. le bzö s’effondre après la mort de son fondateur dans un accident de la route, en 2008. le fpö continue, lui, d’être un parti central de la vie politique autrichienne, notamment sous l’impulsion de heinz-christian strache, le nouveau président du parti. il se détache de ses éléments les plus radicaux, lissant doucement son image. en 2015, le parti social-démocrate, le spö s’allie localement avec le fpö afin d’obtenir la majorité dans certaines régions, brisant un tabou vieux de 30 ans et les dernières alliances rose-brune. en 2016, norbert hofer, le candidat pour la présidentielle, arrive au second tour. cet ingénieur originaire de l’est du pays a quitté la religion catholique, qu’il estimait trop à gauche, pour le protestantisme. toujours le sourire aux lèvres, il maîtrise parfaitement ses arguments: il a fait partie de ceux qui ont contribué à l’évolution du discours du fpö, remplaçant par exemple les attaques xénophobes par une critique de l’immigration. le second tour, lors duquel il s’incline de peu, est annulé et reporté au mois de décembre de la même année. il est finalement battu une seconde fois lors du «troisième tour», beaucoup plus nettement que la première.c’est le président heinz-christian strache qui mène la campagne législative d’octobre 2017, axant sa campagne sur un rejet de l’islam. la droite arrive en tête, avec 31,5% des voix, suivie du spö, 27%, lui-même immédiatement talonné par le fpö, 26%. compte tenu de la campagne très droitière menée par le leader de la droite, sebastian kurz, 31 ans, il était logique que ce dernier se tourne vers l’extrême droite pour former une coalition de gouvernement. deux mois après le scrutin, l’annonce de la nouvelle alliance est faite à vienne sur le mont kahlenberg, connupour être le lieu où s’est déroulé ne 1683 la bataille qui mit fin au siège de la ville par les ottomans. le fpö sort grand vainqueur de cet accord, obtenant six ministres dans le gouvernement. heinz-christian strache devient vice-chancelier, également en charge de la fonction publique et des sports. herbet kickl, homme de l’ombre du parti auteur de nombreux slogans chocs obtient l’intérieur. les affaires étrangères reviennent à karin kneissl, spécialiste du moyen-orient diplômée à la fois de l’université de georgetown aux états-unis et de l’ena française. elle n’a pas la carte du fpö mais en a l’étiquette. la défense revient à un jeune cadre du parti, mario kunasek. norbert hofer récupère les transports. enfin, beate hartinger-klein est placée à la santé et aux affaires sociales. contrairement à la précédente entrée du fpö qu gouvernement, les états européens ne prennent pas de sanctions diplomatiques à l’encontre de l’autriche.
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dans les pays nordiques, le danemark et la norvège se maintiennent à des niveaux élevés depuis 15 ans. ces deux pays comportent nombre de similitudes : ils ont connu l’émergence de l’extrême droite populiste à la même période, les années 1970. dans les deux pays, elle prend le nom de parti du progrès (au danemark, le parti populaire danois prendra ensuite le relais). ici, c’est la critique de l’état providence et de ses largesses sociales qui prédomine. les questions ethniques et la dénonciation de l’immigration constituent une part importante du discours. le parti populaire danois, qui soutient le gouvernement sans participation, a perdu en popularité suite à plusieurs affaires de financement. en norvège, le parti du progrès (frp) fait partie du gouvernement depuis 2013, où il cohabite, non sans frictions, avec les conservateurs, qui ont brisé un tabou en s’alliant avec eux. il est notamment représenté par la ministre de l’immigration, sylvi listhaug, qui a la particularité d’être climatosceptique, d’admirer ronald reagan et margaret thatcher. en septembre 2017, le frp obtient 15,2% des voix aux législatives, perdant 1,1% sur leur score réalisé 4 ans plus tôt. les remaniements ne concernent pas les ministres du parti du progrès, qui conserve 8 postes ministériels sur 19 (finances, transports et communication, enfance et égalité, immigration et intégration, pêches, agriculture et alimentation, pétrole et énergie, justice et sécurité publique).en suisse, l’udc dépasse les 20% depuis 1999 et même les 25% depuis 2003, fondant son discours sur la mise en avant de la démocratie directe et l’isolement de la suisse sur toutes les questions internationales.
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d’autres pays échappent à la vague européenne. l’espagne et le portugal restent depuis 15 ans totalement étrangers au phénomène, malgré l’existence de formations plus ou moins radicales dans les deux pays, mais dont la présence aux élections relève plus du témoignage qu’autre chose. en espagne, les modérés du franquisme ont été intégrés au grand parti de la droite, le parti populaire (pp). en outre, les fortes tendances nationalistes locales rendent plus compliquée la constitution d’une grande force nationale. même constat au portugal, qui, comme l’espagne, a connu la dictature. de la même manière, l’irlande ne connaît pas de vote d’extrême droite notable.
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dans les anciens pays du bloc soviétique, la logique est différente. l’histoire n’est pas la même. aux régimes fascisants de la guerre ont succédé de longues années de communisme. depuis la chute du mur et des démocraties populaires, le chemin emprunté par les droites, républicaines ou radicales, diffère parfois grandement de celui pris par leurs cousines de l’ouest. les questions de société ne sont pas les mêmes, ne serait-ce que parce qu’elles n’ont jamais été confrontées au multiculturalisme. la récente question des migrants a donc constitué une nouveauté pour nombre de pays, dont les derniers brassages de population remontaient à l’époque soviétique, et ne concernaient que des populations slaves. par ailleurs, des interrogations ont pu naître autour des droites polonaises ou hongroises, dont les leaders ont annoncé vouloir mener «une contre-révolution culturelle» en europe.
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la hongrie connaît depuis plusieurs années un terreau fertile à la montée des extrêmes droites. notamment en raison du rêve encore nourri par nombre de hongrois du retour d’une «grande hongrie», dont les limites iraient bien au-delà des frontières actuelles. ce territoire historique, remontant à l’empire austro-hongrois, et divisé par le traité de trianon en 1920, rassemble des terres situées aujourd’hui en autriche, en croatie, en roumanie, en serbie, en slovénie et en ukraine.la hongrie a vu réapparaître les défilés en uniformes rappelant la mode des années 1930, notamment avec la garde hongroise, bras armé du jobbik (mouvement pour une meilleure hongrie). en 2009, elle est dissoute par la justice.dernièrement, la politique menée par le premier ministre viktor orban a pu poser des questions, notamment en raison des largesses prises à l’égard de l’état de droit. le politologue jean-yves camus, spécialiste de l’extrême droite, rappelle cependant que si le fidesz, parti de viktor orban, a «une conception moins libérale de la démocratie» que peuvent l’avoir les formations politiques occidentales, il n’en reste pas moins «un parti conservateur assumant son ancrage à droite» ayant su capitaliser sur la fierté nationale des hongrois. le fidesz est resté longtemps sous la pression du jobbik, qui fut longtemps un parti d’extrême droite sans complexe. le jobbik n’a pas hésité à prôner pendant longtemps le retour de la grande hongrie, souhaitant apporter une aide aux populations d’origine magyare vivant hors des frontières du pays et à leurs entreprises. le jobbik a longtemps stigmatisé les roms, exigeant la création de prisons spécifiques et la création d’une gendarmerie rurale chargée de cette question. au niveau sécuritaire, le parti proposait d’exporter des prisonniers hors de hongrie et de rétablir la peine capitale. comme le fidesz, il voulait solder l’héritage communiste, mais proposait pour cela de rendre publics les noms des collaborateurs de l’ancienne police secrète. il souhaitait enfin que les terres hongroises ne puissent être vendues à des étrangers et ambitionnait grâce à cela de rendre le pays autosuffisant en matière d’alimentation. le jobbik était enfin anti-européen, préférant former un axe avec la pologne et la croatie pour faire concurrence «aux pays de l’europe de l’ouest qui dominent l’europe». il n’hésitait pas à expliquer clairement qu’il fallait «en finir avec les tabous que sont la politique impériale de l’union européenne, les guerres injustifiées menées par les états-unis ou encore les efforts sionistes d’israël pour dominer la hongrie et le monde».ce discours radical a permis au jobbik une progression constante depuis sa création en 2003. en 2013, son président, gabor vona, décide cependant de faire prendre un virage stratégique à sa formation, qu’il souhaite rendre plus présentable. le jobbik se recentre et tente d’apparaître comme un grand parti conservateur. gabor vona s’excuse auprès des juifs et des roms pour les excès passés. dans le même temps le premier ministre viktor orban radicalise son discours. la vague migratoire débutée en 2015 le conforte dans son orientation. il déclare ainsi vouloir une «hongrie ethniquement homogène». finalement, gabor vona, qui souhaitait cristalliser le vote anti-orban, perd son pari au législatives de 2018. le jobbik réalise un point de moins qu’aux législatives précédentes, à 19%, gagnant tout de même trois députés de plus (26). le fidesz d’orban fait le carton plein, avec 49,27% des voix, en hausse de 4,4%. face à son échec, gabor vona démissionne. il est remplacé à la tête du jobbik par tamás sneider, qui prévoit de maintenir le virage opéré par son prédécesseur. mais sneider est vivement contesté en interne par l’aile radicale du parti, menée par laszlo toroczkai, qui entend rétablir la politique originelle du jobbik, menaçant d’une scission s’il n’était pas entendu.
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depuis quelques temps, le gouvernement polonais, mené par le parti droit et justice (pis), a pu soulever le même type d’interrogations que le cas hongrois. des questions auxquelles frédéric zalewski, maître de conférences à paris ouest nanterre, membre de l’institut des sciences sociales du politique (cnrs), apporte les mêmes réserves que jean-yves camus pour budapest. selon le chercheur, le pis «est une droite qui développe des pratiques autoritaires sur des bases très conservatrices et qui n’hésite pas à faire des entorses à l’état de droit». cependant, «le gouvernement polonais, contrairement aux dictatures, utilise les ressources de la démocratie comme instrument de légitimation» et se rapproche en cela des «démocratures» telles que la russie. il y a ainsi en pologne, comme dans nombre pays de l’europe de l’est, «la volonté de mettre définitivement fin au communisme et au pouvoir d’une partie des anciennes élites parvenue à maintenir ses positions politiques ou économiques. il s’agit de créer une seconde révolution après celle de 1989.» une révolution menée sur des bases conservatrices. les positions fortes de la droite ont longtemps réussi à maintenir l’extrême droite à de faibles résultats, ce qui ne l’empêche pas de réaliser des percées lors de certaines élections.
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à l’est, d’autres pays ont vu leur extrême droite s’effondrer. la république tchèque en fait partie. l’assemblée pour la république–parti républicain tchécoslovaque, qui a pu réaliser des scores allant jusqu’à 8% dans les années 1990, s’est complètement effondrée, notamment à cause d’un discours musclé de la droite traditionnelle. les scores de ce camp politique tendent cependant à remonter ces dernières années sous l’impulsion d’un personnage atypique, tomio okamura, né d’une mère tchèque et d’un père coréo-japonais, leader des partis aube de la démocratie, puis liberté et démocratie directe (spd). outre ses positions en faveur de la démocratie directe et la préférence nationale, il s’est illustré en demandant l’expulsion des roms vers l’inde ou en demandant de promener des cochons autour des mosquées. en octobre 2017, aux législatives, tomio okamura porte le score de son parti à 10,64% et décroche 22 élus (sur 200) à la chambre des députés. s’il laisse entendre un moment qu’il souhaite composer avec le nouvel exécutif, il annonce fin décembre qu’il ne soutiendra pas le gouvernement minoritaire d’andrej babis. le même mois, il affiche cependant un rapprochement avec le président populiste milos zeman, alors en campagne pour sa réélection. ce dernier s’est affiché dans un meeting du spd, vantant les nombreux points communs entre sa vision politique et celle du parti d’extrême droite. tomio okamura avait provoqué une polémique en doutant publiquement de la nature du camp de concentration de lety, qui a ouvert en bohême pendant la seconde guerre mondiale. menacé de perdre son poste de vice-président de la chambre des députés, il a néanmoins réussi à le conserver. le cssd (social-démocrate), qui négociait fin mai la mise en place d’une coalition gouvernementale avec la mouvement ano (centre-droit), a placé comme condition de l’accord la destitution d’okamura. les sociaux-démocrates ont également posé comme principe l’interdiction de toute collaboration avec liberté et démocratie directe.en roumanie, les scores de l’extrême droite se sont également effondrés. le parti de la grande roumanie est parvenu à accéder au second tour de la présidentielle, en 2000, grâce aux 28% réalisés par son leader vadim tudor, tribun au discours volontiers antisémite et laudateur du dictateur fascisant antonescu (1940-1944). ses scores se sont totalement écroulés devenant au fil du temps négligeables. en 2016, le parti de la grande roumanie ne totalise que 1% des voix aux législatives. il est même devancé sur son créneau politique par une nouvelle formation, le parti de la roumanie unie (2,80%).
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en slovaquie, le parti national slovaque (sns), ardent défenseur de l’indépendance du pays en 1993, auteur d’un discours xénophobe affirmé, a su maintenir des scores relativement élevés depuis 20 ans malgré quelques trous d’air, la faute à la concurrence d’une droite populiste mordant allègrement sur ses thèmes de prédilection. la gauche rattrape la droite sur ce terrain puisque le socialiste robert fico a fait alliance avec le sns pour gouverner entre 2006 et 2010, récoltant de vives critiques internationales. après une campagne législative dirigée contre les migrants, robert fico a de nouveau formé une coalition «rose-brun» en mars 2016 avec le sns. fico a dû démissionner en 2018 suite à l’assassinat d’un journaliste enquêtant sur la corruption, jan kuciak. il est remplacé par peter pellegrini, considéré comme très proche de son prédécesseur, qui continuerait à tirer les ficelles en coulisses. il se repose sur la même coalition «rose-brune» tripartite. notons enfin la percée d’un autre parti d’extrême droite, notre slovaquie (lsns), nostalgique du régime du régime fascisant et clérical de mgr tiso. ses militants se distinguent lors des manifestations par le port d’uniformes noirs rappelant fortement ceux des années 1940 (voir ci-dessus). en 2016, lsns réalise le score de 8% des voix aux élections, décrochant 14 députés sur les 150 du parlement. les élections régionales de 2017 sont en revanche une défaite pour notre slovaquie puisque seul 2 de ses 336 candidats ont réussi à se faire élire et le leader de la formation, marian kotleba n’a pas réussi à conserver le poste de gouverneur de la région de banská bystrica, qu’il occupait depuis 2013.
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en slovénie, le vote en faveur du parti national slovène (sns) ou du parti du peuple slovène (ssn) est relativement faible. on trouve dans ce pays une droite, le parti social-démocrate slovène, qui n’hésite pas à défendre les mêmes thèmes que l’extrême droite. en croatie, pays où le nationalisme a longtemps dominé le débat politique, le parti du droit (hsp) ne parvient pas à des scores significatifs.
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la bulgarie n’a pas hérité d’une tradition d’extrême droite aussi forte que ses pays voisins. il faut attendre l’année 2005 pour la voir réaliser des résultats notables, grâce à l’émergence de l’union nationale attaque (ataka). en 2006, son leader, volen siderov, accède au second tour de la présidentielle, dépassant les 20%. volen siderov s’est fait connaître pour ses positions à l’encontre des roms ou des turcs, minorités importantes du pays. il est également connu pour ses emportements publiques. en 2013, élu député, il est arrivé armé d’une matraque au parlement, où il attaque un policier et un journaliste. début 2014, il s’en prend à une diplomate française dans un avion.au niveau politique, en 2013, les socialistes ont déclenché un scandale en acceptant de former un gouvernement soutenu par les voix des députés d’ataka. les scores du parti ont ensuite fortement chuté, notamment à cause de la concurrence d’un nouveau front patriotique, dont l’une des composantes souhaite la création d’une grande bulgarie incluant la macédoine. en 2014, ce front patriotique soutient le gouvernement conservateur du premier ministre boïko borissov, mais sans y participer.pour la présidentielle 2016, le front patriotique est refondé en une nouvelle alliance, les patriotes unis, qui intègre ataka en plus du mouvement national bulgare (vmro) et du front national pour le salut de la bulgarie (nfsb). cette alliance est une petite nouveauté dans le pays car siderov (leader d’ataka) et simeonov (leader du nfsb), qui furent longtemps amis, s’étaient éloignés politiquement depuis plusieurs années. ils s’entendent pour que le leader du vmro, krasimir karakachanov, soit le candidat de cette alliance à la présidentielle. ce dernier réalise le score de 14,97%. aux législatives 2017, les patriotes unis poursuive leur stratégie d’alliance. leur programme est très hostile à l’immigration et aux migrants: ils souhaitent enfermer ces derniers dans des camps et renforcer la frontière avec des contrôles militaires. ils prennent eux-mêmes l’initiative de bloquer des bus provenant de turquie quelques jours avant le vote. leur but est de réduire l’arrivée de votants potentiels pour les partis représentant la minorité turque du pays (le mouvement pour les droits et le libertés et dost). leur score est une déception : ils n’obtiennent que 9,1%, concurrencés par le parti populiste volya (4,1%) et une autre formation d’extrême droite, renaissance (1,08%). cependant, le total de ces trois forces correspond au score de karakachanov à la présidentielle précédente. forts de leurs 27 députés, ils s’allient au premier ministre sortant, boïko borissov et son parti, le gerb (citoyens pour le développement européen de la bulgarie). la coalition possède en tout 122 sièges, soit un de plus que la majorité absolue à l’assemblée (qui compte 240 sièges). karakachanov est vice-premier ministre et ministre de la défense. simeonov est également vice-premier ministre, chargé de la politique économique et démographique. les nationalistes possèdent également les portefeuilles de l’environnement et de l’économie.
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les états baltes ne sont pas tous logés à la même enseigne. sur les quinze dernières années, l’estonie est moins touchée par la montée de l’extrême droite, même si le parti populaire conservateur d’estonie (ekre) a réalisé 8,1% aux dernières législatives, en 2015. à l’inverse, la lettonie conserve un niveau élevé depuis quinze ans, oscillant entre 5,70 et 29.82%. en lituanie, le vote se maintient la plupart du temps au-dessus des 10%. des scores sans doute minorés par «une droite classique menant déjà une politique nationaliste», selon céline bayou, co-rédactrice de la revue en ligne regard sur l’est. les questions migratoires, qui font souvent recette à l’ouest, n’avaient, jusqu’à récemment, que très peu concerné les pays baltes. les populations considérées comme problématiques par une partie de la classe politique sont déjà situées sur le territoire national. «en estonie et en lettonie, il existe d’importantes minorités russophones qui ne disposent pas de la citoyenneté, détaille céline bayou. une part du débat politique tourne donc autour de la russie et de son rôle, devenu au fil des années plus inquiétant à mesure que vladimir poutine a augmenté son emprise sur le pouvoir.» ces minorités de russophones non-citoyens s’estiment mises au ban de la société par les partis politiques classiques, tel unité, en lettonie, qui s’est ainsi prononcé contre le droit de vote. «tout pour la lettonie (le parti d’extrême droite, ndlr) a été plus loin que la droite classique, proposant de renvoyer tous les russes dans des wagons, avec une référence évidente à la seconde guerre mondiale.» les radicaux en sont donc souvent réduits à faire de la surenchère.
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que pèse réellement l’extrême droite en europe ? france : le front national atteint des records pays-bas : geert wilders, l'héritier de fortuyn allemagne : l’afd en embuscade royaume-uni : les populistes de ukip en difficulté italie : terre d'expérimentations grèce : l’aube dorée est-elle amenée à durer ? chypre : une formation sœur de l'aube dorée suède : la classe politique s'unit face aux démocrates suédois finlande : scission à l'extrême droite autriche : le fpö gouverne avec la droite danemark, norvège et suisse : des bastions bien gardés espagne, portugal et irlande : insensibles au phénomène europe de l’est hongrie : sous pression du jobbik pologne : la droite forte bloque l’espace disponible république tchèque et roumanie : l’effondrement slovaquie : une coalition rose-brun au pouvoir slovénie et croatie : l’extrême droite relativement faible bulgarie : les nationalistes dans la coalition gouvernementale états baltes : une extrême droite limitée par une droite musclée
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