AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Formate:
HASH : 8a28ba710bec0f70d8bab323abdb1d84
La langue: Anglais/Franc
Note moyenne : 4.88/61 (sur 57 notes)
Résumé :
architecturearts & photographybiographies & memoirsbody, mind & spiritbusiness & economicschildren & teenscomputer & internetcookery, food & winedictionaries & languageenglish language teachingenvironment & geographyfictionhistory & humanitieslawlifestyleliterature & literary studiesmedicinemusicnursingparenting, family &

Pascal les grands philosophes a été finaliste du... >Voir plus
Acheter ce livre sur

Amazon Fnac Rakuten Leslibraires.fr Momox
Critiques, Analyses et Avis (29)
sarahauger
pascal se méfie des beaux discours, où les artifices de la rhétorique cachent bien des misères et vident l’éloquence de sa principale vertu. il leur préfère une certaine simplicité de langage, une grande rigueur dans le choix et la définition des mots comme dans la logique rationnelle de la démonstration, pour expliciter les plus grandes vérités. cet objectif est clairement exprimé dans plusieurs développements de pascal sur « l’esprit
+ Lire la suite
sarahauger
de sa réflexion scientifique et philosophique, de sa fréquentation des salons et des libertins, pascal a conservé le sens aigu de l’équilibre, propre à la discussion, et plus encore à l’argumentation. les pensées sont à cet égard un chef- d’œuvre de dialectique, non au sens que nous lui donnons aujourd’hui depuis l’intervention du philosophe allemand hegel, mais comme l’exprime si bien jean mesnard, l’un des commentateurs bien connus des pensées:
+ Lire la suite
sarahauger
nous avons conservé de nombreux manuscrits des travaux scientifiques, philosophiques et théologiques de pascal. en novembre 1654, pascal eut un entretien avec m. de sacy, le directeur du monastère de port-royal-des-champs, où s’étaient retirés un certain nombre de solitaires, des hommes qui éprouvaient le besoin de se mettre pour un temps à l’écart du monde, pour se consacrer à la vie religieuse et à la réflexion théologique.
+ Lire la suite
sarahauger
l’entretien de m. pascal avec m. de sacy sur la lecture d’epictète et de montaigne constitue une excellente introduction aux pensées. il permet également de mieux comprendre la place que pascal accorde à la raison, au raisonnement philosophique, dans sa démarche apologétique. il illustre, de surcroît, très bien le souci de pascal d’équilibrer les points de vue de penseurs antagonistes, pour mieux préparer, comme en creux, la place laissée à la vérité divine, absolue, après cet examen des vérités humaines, relatives.
+ Lire la suite
sarahauger
pascal se propose donc de corriger ce défaut par la lecture de montaigne, car le relativisme de montaigne le situe à l’opposé des certitudes d’epictète. montaigne dépeint très bien la misère de l’homme, la faiblesse de ses raisonnements, ses revirements incessants, ses doutes: l’homme se caractérise par son incertitude foncière. mais le défaut de cette attitude réside cette fois dans la paresse morale et intellectuelle que peuvent engendrer une telle nonchalance, un tel scepticisme désabusé: pourquoi chercher la vérité, quand il n’existe que des vérités relatives, soumises aux diverses coutumes des hommes et à leur imagination?
+ Lire la suite
sarahauger
on sait assez de quelle manière agissent ceux qui sont dans cet esprit. ils croient avoir fait de grands efforts pour s’instruire, lorsqu’ils ont employé quelques heures à la lecture de quelque livre de l’ecriture, et qu’ils ont interrogé quelque ecclésiastique sur les vérités de la foi. après cela ils se vantent d’avoir cherché sans succès dans les livres et parmi les hommes.
+ Lire la suite
sarahauger
nous sommes ici aux antipodes de la méthode de raisonnement proposée par descartes (1596-1650), l’aîné, mais aussi le contemporain de pascal. descartes se montre dogmatiste à sa manière, et en cela comparable aux stoïciens. s’il fait profession de rechercher la vérité et le souverain bien, descartes n’en propose pas moins une méthode strictement rationnelle pour parvenir à ses fins. le doute systématique le conduit à ériger l’homme comme seul responsable de bien conduire sa pensée pour parvenir à reconnaître sa propre existence et celle de dieu: si je doute que je pense, je suis donc en train de penser que je doute, et si je pense, c’est donc que je suis. le célèbre cogito a paru ensuite suffisant à descartes pour affirmer que si l’homme peut ainsi penser droitement, à partir d’un raisonnement bien conduit, logique, il peut donc dominer la nature, organiser le monde dans lequel il se trouve, et déduire même de ses raisonnements l’existence de dieu. en effet, si l’homme se montre capable d’imaginer l’éternité, l’infini, ou la perfection, c’est qu’il possède en lui des « idées innées », donc déposées en lui par quelqu’un de plus grand que lui, par dieu qui l’a créé à son image: ainsi, la pensée de dieu suffit pour affirmer l’existence de dieu. descartes est en réalité immanentiste: il fait du sujet humain la base de sa réflexion: le « je » du « je pense » devient capable d’affirmer que dieu existe.
+ Lire la suite
sarahauger
la raison nous pousse à parier entre deux solutions, à jouer à pile ou face (ou « pile et croix », pour reprendre l’expression de pascal). or, si l’espérance du gain est égale à l’enjeu, le choix importe peu, mais il n’est pas désavantageux. si nous pouvons gagner deux vies pour une engagée, notre pari est encore valable, car le calcul des probabilités montre qu’au pire, nous gagnerons une vie pour une engagée. mais si cette espérance est supérieure à l’enjeu, dans ce cas, il ne faut pas hésiter, il faut « tout donner ». si nous avons trois vies à gagner, notre chance augmente dans les proportions de deux pour une. mais si nous avons une infinité de vies à gagner, alors nous pouvons miser les yeux fermés, car si nous divisons l’infini par deux, il reste toujours l’infini.
+ Lire la suite
sarahauger
dans la seconde partie du discours de la machine, pascal veut ainsi aider le lecteur à « diminuer ses passions » pour mieux s’approcher de dieu, car il pense, comme descartes, que l’homme a en lui un côté machinal, mais non tout à fait « mécanique »: c’est sans doute ce qui distingue pascal de descartes. dans son traité sur les passions de l’âme, descartes réduit l’âme à une petite glande du cerveau et le cœur n’est qu’un muscle; il démontre comment les passions obéissent à une mécanique de l’âme, qui met en branle ses propres mouvements comme ceux du corps, puis il dresse un inventaire de ces passions, et leurs effets les plus tangibles. dans une lettre à elisabeth de bohême, descartes prend toutefois soin de distinguer entre les habitudes ou les inclinations de l’âme, et les passions proprement dites.
+ Lire la suite
sarahauger
les philosophes, selon pascal, n’ont fait que suivre l’une ou l’autre de ces passions: epicure s’est livré aux sensations, aux délices de la sensibilité que l’on appelle aussi, dans le langage religieux, la volupté; aristote et les autres physiciens ont cédé à la passion de la connaissance, de la curiosité, au désir de savoir et de tout expliquer par un enchaînement de causes logiques entre elles; et enfin, les stoïciens, dont epictète, ont voulu dominer la nature humaine, ou se soumettre au destin, par le seul exercice de la volonté:
+ Lire la suite
sarahauger
il ne faut pas se méconnaître, écrit pascal : nous sommes automate autant qu’esprit. et de là vient que l’instrument par lequel la persuasion se fait n’est pas la seule démonstration. combien y a-t-il peu de choses démontrées! les preuves ne convainquent que l’esprit ; la coutume fait nos preuves les plus fortes et les plus crues: elle incline l’automate, qui entraîne l’esprit sans qu’il y pense. (661-252)
+ Lire la suite
sarahauger
face à l’optimisme de descartes, pascal se montre donc comme un penseur conscient de la force du mal dans le monde où il vit, dans les hommes qui en révèlent les conséquences, et dans son propre cœur; car pascal est très conscient de ses faiblesses. la raison, quoique corrompue, demeure toutefois capable de concevoir et de démontrer des propositions logiques; mais pascal est loin d’accréditer la philosophie, ou la raison, comme moyen de parvenir à connaître dieu, ou en prouver seulement l’existence; il s’en sert plutôt comme d’un instrument pour mener son interlocuteur jusqu’au seuil de la foi, de la vérité chrétienne. comme l’a si bien et si souvent exprimé maurice blondel: « la philosophie est nécessaire pour établir qu’elle n’est pas suffisante. »
+ Lire la suite
sarahauger
il nous faut cependant émettre une réserve à cet endroit: la démarche philosophique de pascal ne s’adressait malgré tout qu’à une certaine élite, celle des salons, des esprits distingués, qui jouissaient d’une culture assez vaste pour en suivre le raisonnement. nous craignons que la démarche de pascal, éminemment philosophique, ne convienne pas à tous les interlocuteurs, et l’on trouve rarement, en particulier parmi les « libertins » des classes de première ou de terminale, des esprits réceptifs à la première partie de son argumentation! et il serait étonnant qu’ils vinssent « s’abêtir » dans nos églises, afin de se mettre dans les meilleures conditions pour recevoir la révélation divine!
+ Lire la suite
sarahauger
la première moitié du xviie siècle est marquée, en france, par un regain d’intérêt pour la religion catholique, qui connaît alors un authentique mouvement de renouveau après les écarts dénoncés par les réformateurs au xvie siècle, mais aussi après les guerres de religion, qui ont découragé d’anciens fidèles, devenus les fameux libertins ou libres penseurs. les cercles parisiens les mieux intentionnés sont sensibles à la misère occasionnée par des années de révolte et par la fronde (1649-1652). ils soutiennent les efforts déployés par les filles de la charité ou saint vincent de paul pour soulager les malades et les plus pauvres, et certains hauts dignitaires de l’eglise, comme le cardinal de bérulle, cherchent à renforcer la formation des prêtres. l’eglise catholique, soucieuse de retrouver son unité face aux protestants, demeure cependant déchirée entre deux principaux mouvements ecclésiastiques: les jésuites et les jansénistes, qui s’opposent sur le problème théologique de la grâce.
+ Lire la suite
sarahauger
cette symbiose, encore récente, est néfaste aux jansénistes qui cherchent davantage à se retirer du monde, pour exercer une piété sincère et profonde. plusieurs faits majeurs ont poussé pascal vers les milieux jansénistes. en 1646, son père, qui s’était démis la jambe en glissant sur la glace, fut soigné par deux médecins jansénistes; ils discutaient avec lui de problèmes théologiques, et pascal manifesta ensuite un vif intérêt pour la doctrine de jansen, ou jansenius, qui avait remis à l’honneur, face aux jésuites, la doctrine de la grâce selon saint augustin. en 1654, pascal échappe de justesse à la mort dans un accident de carrosse sur le pont de neuilly: les chevaux emballés tombent dans l’eau, mais heureusement les rênes se rompent, et le carrosse s’immobilise sur le bord du pont. pascal voit dans cet événement plus qu’une simple coïncidence, une authentique intervention divine. peu après, il apprend que sa nièce, marguerite perrier, a été guérie subitement après que l’on eut posé sur son œil malade un fragment de la couronne d’épines dont on avait affublé le christ lors de sa passion. cela choque quelque peu nos sensibilités protestantes, mais pascal considéra que dieu était, là encore, intervenu miraculeusement; il discerna en ce miracle, réalisé à port-royal, un signe d’approbation divine, non seulement sur sa famille, mais aussi sur les jansénistes et la doctrine professée en ces lieux5. enfin, toujours en 1654, vers la fin de l’année, le 23 novembre, pascal fut l’objet d’une révélation qui bouleversa sa vie religieuse. c’est à ce moment précis que l’on situe la conversion de pascal, dont on a gardé une trace, car pascal avait écrit, sur le moment, quelques phrases pour exprimer ce qu’il ressentait, ou ce qu’il comprenait alors:
+ Lire la suite
sarahauger
dans ce mémorial, qu’il conservait toujours sur lui, cousu dans la doublure de son manteau, pascal manifeste la profondeur de ses sentiments religieux. il s’agit bien d’une révélation de la vérité, progressive si l’on considère sa démarche depuis une dizaine d’années, mais qui prend une tout autre dimension en cette nuit du 23 novembre 1654. pascal est alors âgé de 31 ans. a partir de cette date, s’il ne renonce pas entièrement à ses travaux scientifiques qui ont fait sa renommée, il accorde la priorité à la réflexion théologique, et se rapproche de port-royal et des jansénistes. en rédigeant les provinciales, il livre à leurs côtés un véritable combat pour défendre les thèses de jansénius, sommairement résumées par ses adversaires, qui les ont soumises au jugement du pape avec l’espoir qu’il les frappe de son veto.
+ Lire la suite
sarahauger
face à l’esprit de géométrie, qui cherche à démontrer les principes selon un ordre rigoureux, l’esprit de finesse est indispensable. lui seul peut embrasser, comme d’un seul regard, de nombreuses propositions, dont il saisit l’organisation par une sorte d’intuition. pascal souligne que ces deux formes d’esprit sont nécessaires, et que manquer d’esprit de finesse ou de géométrie peut nous rendre très vite insupportables: nous voulons tout démontrer, et nous nous heurtons aux limites de la raison quand nous abordons les questions de la foi; ou bien nous prétendons tout ressentir, saisir l’harmonie et les rapports des principes entre eux, sans juger nécessaire d’en démontrer les articulations logiques: nous brisons alors toute communication avec nos semblables. on ne peut donc accuser pascal de fidéisme. la révélation chrétienne, si elle fait appel à l’esprit de finesse, n’en demeure pas moins soumise à une certaine logique intrinsèque. selon pascal, « c’est le cœur qui sent dieu, et non la raison », et c’est donc le cœur qui perçoit, le premier, la révélation de la vérité qui est en dieu. la raison, comme nous l’avons vu, peut nous aider à cheminer vers cette vérité; elle nous permet de nous poser les questions qui deviendront comme le moule susceptible d’épouser la vérité.
+ Lire la suite
sarahauger
quels sont les moyens mis à notre disposition? comme preuves, nous avons celles apportées par l’ecriture sainte: les prophéties de l’ancien testament annoncent la venue, la mort et la résurrection du messie, que les évangiles, dans le nouveau testament, confirment. notre problème cependant, nous l’avons souligné, réside dans notre incapacité même à bien penser pour parvenir à cette conclusion: notre nature humaine, notre raison, est corrompue, et nous ne pouvons tendre ainsi que vers nous-mêmes. pire, nous sommes à nous-mêmes, dit pascal, notre propre énigme:
+ Lire la suite
sarahauger
c’est bien « en jésus-christ, par l’evangile, que s’accordent les contrariétés, par un art tout divin qui unit tout ce qui est vrai et chasse ce qui est faux » conclut pascal dans son entretien avec de sacy. enfin, si jésus-christ est lui-même la vérité, c’est que dieu seul pouvait revêtir notre condition, notre misère, tout en apportant la grâce qui nous relève de la chute:
+ Lire la suite
sarahauger
nous ne pouvons entrer ici dans tous les méandres de la théologie de la grâce, mais simplement en évoquer les principaux traits, afin de mieux cerner ce qui oppose pascal et les jansénistes aux jésuites. pascal reprend les thèses de jansénius, qu’il va développer dans les provinciales ou dans les ecrits sur la grâce, mais ces thèses de jansénius ne sont elles-mêmes qu’un reflet de la théologie de saint augustin sur la grâce, et que saint thomas7 avait suivi dans ses grandes lignes:
+ Lire la suite
sarahauger
selon pascal, la grâce « efficace » est délivrée par un dieu souverain qui opère un changement en profondeur chez l’homme qui la reçoit. cela est une conséquence de la révélation, la « circoncision du cœur », déjà prônée par moïse, ou encore la « nouvelle naissance », que jésus évoquait avec nicodème (cf. 299-683 et 544-91). la grâce efficace devient le moyen par lequel dieu révèle la vérité aux hommes et réoriente leur volonté vers le souverain bien. cette prédestination n’est cependant pas arbitraire, mais conforme à la justice et l’amour de dieu, même si elle demeure mystérieuse pour l’homme.
+ Lire la suite
sarahauger
pour les jésuites, la doctrine de molina, théologien espagnol du xvie siècle, sert de référence. or molina, dans un traité de 1588, affirmait que l’homme non seulement coopère avec la grâce, qu’on appelle alors la grâce suffisante, mais encore qu’il peut se déterminer librement au salut. la grâce divine est alors réduite à sa plus simple expression et ne consiste plus qu’en un secours approprié, une vague inclination au bien, dès lors que l’homme choisit volontairement, sous l’impulsion de son libre arbitre, de suivre cette direction.
+ Lire la suite
sarahauger
un examen plus attentif de la doctrine calviniste l’aurait sûrement conduit à reconnaître qu’aucune confession de foi réformée n’affirme le supralapsarisme, c’est-à-dire le décret de dieu avant la faute d’adam, et à apprécier chez calvin le désir entier de soutenir la thèse augustinienne de la grâce efficacissime! nous ne pouvons entrer ici en détail dans la question du libre arbitre, mais luther, comme calvin, soulignent qu’il faut auparavant bien définir cette notion, pour au moins se mettre d’accord sur ce qu’elle recouvre exactement11; comme saint augustin et pascal, ils ne lui accordent aucune force pour se déterminer au salut, mais ils lui laissent en revanche une place reconnue dans les décisions qui incombent à l’homme dans la vie ordinaire, dans l’organisation de la cité, l’exercice de l’art ou de la philosophie (quand bien même toutes ces choses n’échapperaient pas à la souveraineté de dieu, bien mystérieuse). une brève lecture du chapitre 2, dans le deuxième livre de l’institution chrétienne, aurait sans doute rassuré pascal sur tous ces points!
+ Lire la suite
sarahauger
enfin, parmi les hérétiques, pascal range les juifs relégués au simple rang de « peuple témoin », sans grand espoir de retour en grâce, et cela nous semble peu conforme à la théologie de saint paul, exprimée dans la lettre aux romains, qui laisse aux juifs la porte grande ouverte vers le salut, pour prix de leur foi au messie jésus, il est vrai12. les musulmans sont considérés comme égarés au même titre que les egyptiens ou les chinois, car le prophète mahomet n’a pas été prédit par l’ecriture, et sa légitimité est donc invérifiable:
+ Lire la suite
sarahauger
je vois donc des faiseurs de religions en plusieurs endroits du monde et dans tous les temps. mais ils n’ont ni la morale qui peut me plaire, ni les preuves qui peuvent m’arrêter. et ainsi j’aurais refusé également la religion de mahomet, et celle de la chine, et celle des anciens romains, et celle des egyptiens, par cette seule raison que l’une n’ayant pas plus les marques de la vérité que l’autre, ni rien qui me déterminât nécessairement, la raison ne peut pencher plutôt vers l’une que vers l’autre. (694-619).
+ Lire la suite
sarahauger
la démarche apologétique de pascal, sa défense de la vérité chrétienne, ne consiste pas tant à convaincre le non-croyant de l’existence de dieu, à l’aide d’arguments philosophiques, conformes à la raison, qu’à simplement le « persuader de rechercher dieu ». pour cela, il faut le conduire à reconnaître les marques de sa force, la grandeur d’une créature à l’image de dieu, capable de penser, et d’agir; mais aussi les effets de la corruption, liés à la chute, qui le rendent vulnérable, incertain, soumis au relativisme de ses pensées. enfin, il s’agit de présenter la vérité chrétienne conforme à la raison, mais aussi hors d’atteinte de la raison. c’est en cela que pascal se rapproche, mais dans le même temps s’éloigne, de la philosophie. la preuve de la conformité à la raison réside dans l’ecriture sainte, qui annonce la venue du rédempteur pour sortir l’homme de sa misère, et le rétablir dans sa véritable grandeur. mais ce n’est plus la raison impuissante de l’homme qui va convaincre l’incroyant, mais bien la révélation de dieu, qui lui confère la vérité, par un mouvement de la grâce efficace de dieu, seule garante d’une authentique humilité pour l’homme qui soumet ainsi, par la foi, sa raison à la révélation.
+ Lire la suite
sarahauger
mais alors, dans ces conditions, quelle est l’utilité de composer une apologie, une défense de la vérité, qui inclue une démarche philosophique? pascal n’espère rien d’autre que favoriser ce premier mouvement qui conduit vers dieu, par le biais de la raison faillible et insuffisante, mais en comptant sur dieu qui seul peut déjà susciter en l’homme cette recherche de la vérité. cet exposé serait incomplet sans un court florilège des pensées, où pascal évoque, de façon très poignante et sincère, son cheminement spirituel et la place qu’il accorde à la charité, l’amour divin, qui donne tout son sens à la vérité:
+ Lire la suite
sarahauger
j’aime la pauvreté, parce qu’il l’a aimée. j’aime les biens parce qu’ils donnent le moyen d’en assister les misérables. je ne rends point le mal à ceux qui m’en font, mais je leur souhaite une condition pareille à la mienne, où l’on ne reçoit pas de mal ou de bien de la part des hommes. j’essaie d’être juste, véritable, sincère et fidèle à tous les hommes. et j’ai une tendresse de cœur pour ceux à qui dieu m’a uni plus étroitement. et soit que je sois seul, ou à la vue des hommes, j’ai en toutes mes actions la vue de dieu, qui les doit juger et à qui je les ai toutes consacrées. voilà quels sont mes sentiments. et je bénis tous les jours de ma vie mon rédempteur, qui les a mis en moi, et qui d’un homme plein de faiblesse, de misère, de concupiscence, d’orgueil et d’ambition a fait un homme exempt de tous ces maux par la force de sa grâce, à laquelle toute la gloire en est due, n’ayant de moi que la misère et l’erreur. (759-550)
+ Lire la suite
sarahauger
l'auteur des pensées est un génie universel, mathématicien, inventeur, et théologien, suscitant l'admiration de ses contemporains et de la postérité.on trouve dans cet ouvrage parmi les plus belles pages de la littérature française, dont le célèbre pari de pascal.animé d'une foi ardente, mais souffrant de graves problèmes de santé, la vie de ce grand esprit fut aussi brève qu'intense.
+ Lire la suite