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HASH : 0ab25638a9c644d2e62cd70782790fd2
La langue: Anglais/Franc
Note moyenne : 4.20/64 (sur 56 notes)
Résumé :
soccer, émissions sportives télévisées -- france, télévision et sports -- aspect économique, radiodiffusion --

Strategies de diffusion du football a la television francaise de l'obtention des droits a la mise en a été finaliste du... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (22)
sarahauger
"description": "depuis la libu00e9ralisation du secteur audiovisuel en france, les chau00eenes de tu00e9lu00e9vision qui appartiennent u00e0 diffu00e9rents groupes sont en concurrence. ces groupes aux ressources et aux fonctionnements u00e9conomiques hu00e9tu00e9rogu00e8nes sont en compu00e9tition les uns avec les autres. cependant, selon leur mode de financement et leur source de revenus principale, ces industries adopteront des stratu00e9gies diffu00e9rentes en vue d'atteindre leurs objectifs. le football (soccer) est le sport le plus populaire au monde et est devenu, depuis le du00e9but de sa relation avec le mu00e9dia tu00e9lu00e9visuel, tru00e8s convoitu00e9 par les groupes audiovisuels. c'est particuliu00e8rement le cas en france, ou00f9 c'est le sport qui bu00e9nu00e9ficie du plus grand temps d'antennes u00e0 la tu00e9lu00e9vision, loin devant le rugby. si le football est appru00e9ciu00e9 par les diffuseurs c'est notamment pour sa capacitu00e9 u00e0 rassembler de larges audiences. les clubs bu00e9nu00e9ficient de cet intu00e9ru00eat car la tu00e9lu00e9vision finance en grande partie le football professionnel. cette relation entre le mu00e9dia et le sport est donc tru00e8s importante car les deux sont liu00e9s financiu00e8rement. dans cette recherche, la relation entre le football et la tu00e9lu00e9vision est u00e9tudiu00e9e du point de vue des diffuseurs. apru00e8s avoir ciblu00e9 les intu00e9ru00eats qui lient les industries sportives et les groupes audiovisuels, ce mu00e9moire u00e9voque les stratu00e9gies des diffuseurs franu00e7ais de football, en fonction de leurs objectifs respectifs. il s'agit donc d'u00e9tudier les modu00e8les u00e9conomiques de chacun de ces groupes afin d'identifier ces objectifs et les stratu00e9gies mises en place pour y ru00e9pondre. l'obtention des droits de diffusion de football constitue le point de du00e9part car c'est le premier u00e9lu00e9ment d'une su00e9rie de moyen mis en place par les chau00eenes de tu00e9lu00e9vision qui entrent dans cette compu00e9tition en diffusant cette discipline sportive u00e0 la tu00e9lu00e9vision franu00e7aise. les antennes qui souhaitent se du00e9marquer de la concurrence investissent u00e9galement pour amu00e9liorer leurs dispositifs tu00e9lu00e9visuels et ce, dans le but d'avoir une offre de football plus attractive. il s'agit donc d'un cheminement dont l'obtention des droits de diffusion est le point de du00e9part et qui analyse toutes les stratu00e9gies qui permettent de ru00e9pondre aux objectifs diffu00e9rents des chau00eenes de tu00e9lu00e9vision. cette recherche s'intu00e9resse donc au fonctionnement des diffuseurs franu00e7ais de football d'un point de vue financier mais aussi en termes d'attractivitu00e9 de l'offre en analysant les dispositifs.udn______________________________________________________________________________ udnmots-clu00c9s de lu2019auteur : football, tu00e9lu00e9vision, stratu00e9gies de diffusion, droits de diffusion, dispositif tu00e9lu00e9visuel, industries culturelles",
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6le « temps long » constitue donc à la fois une dimension importante de notre analyse et un enjeu considérable d’un point de vue méthodologique. armand mattelart explique bien que l’oubli de l’histoire constitue « un fait récurrent de la construction des savoirs des sciences de l’information et de la communication (sic) » (2014, p. 13) et que cette amnésie revient à faire abstraction des contextes sociohistoriques. et ce, au point d’en oublier la place centrale du capitalisme et des formes qu’il prend dans nos sociétés, ainsi que les rapports de force entre acteurs sociaux, à commencer par ceux existant entre les trois principales composantes de nos sociétés : les entreprises privées, les composantes de l’état et les constituantes de la société civile. toutefois, porter notre attention sur une période qui couvre plus d’un demi-siècle n’est guère chose aisée. toute démarche reposant sur l’intégration du temps long dans une analyse, ainsi que relevant de l’échelle macro, perd évidemment en précision ce qu’une autre démarche fondée sur la quotidienneté et l’échelle micro y gagnerait. cette approche repose donc sur une lente accumulation de données aux origines extrêmement variées (livres, rapports, articles de presse, communiqués) qui remonte maintenant à plusieurs décennies2. la grille d’analyse, qui contextualise le dynamisme des relations entre sports et médias, a été constituée en regard des éléments qui permettent d’identifier les périodes dites fordiste et post-fordiste dans deux espaces géographiques différents et à partir de la prise en compte des modèles de flot et de club.
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8en france, la télévision lancée dès la fin de la seconde guerre mondiale relevait du monopole public. l’organisme de radiodiffusion publique, la radiodiffusion-télévision française (rtf), fut créé en 1945. il sera remplacé en 1964 par l’office de la radio-télédiffusion française (ortf), qui sera lui-même dissous dix ans plus tard au profit de la création de sept sociétés, dont les trois chaînes de télévision publique, tf1, antenne 2 et fr3. ce monopole sera seulement remis en cause en 1981 avec l’autorisation de licences accordées à des entreprises privées. or, si le football, inventé chez le voisin anglais, est déjà devenu un fait culturel notable en france, celui-ci ne va pas s’imposer rapidement comme un programme phare à la télévision. ainsi, il faudra attendre un minimum de concurrence entre chaînes pour le voir y prendre sa place. pourtant, on commence à y jouer dans les écoles dès la fin du 19e siècle et la france fait partie des pays – avec l’allemagne, la belgique, le danemark, l’espagne, les pays-bas, la suède et la suisse – qui fondent la fifa (fédération internationale de football association) en 1904 à paris.
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10néanmoins, 1974 marque une nouvelle étape pour la télévision française avec le démantèlement de l’ortf. la première chaîne devient tf1 et la deuxième antenne 2. même si elles sont toutes les deux publiques, un début de compétition commence entre elles. et c’est justement à ce moment que l’as saint-étienne devient l’une des meilleures équipes d’europe. en 1976, lorsque cette équipe arrive en finale de la coupe d’europe des clubs champions, la ligue de football professionnel (lfp) souhaite en profiter. et quoi de mieux que la télévision pour médiatiser le sport auprès d’une vaste population. elle propose par conséquent à la deuxième chaîne publique, antenne 2, un magazine consacré entièrement au football. mais la direction des sports, animée par robert chapatte, grand spécialiste du cyclisme, refuse. finalement, ce sera tf1 qui accueillera cette émission devenue emblématique au fil des années. téléfoot propose alors des images des dix matchs du championnat de france de première division une trentaine de minutes après la fin des oppositions le samedi soir. le succès est au rendez-vous. la chaîne qui payait l’équivalent de moins de 100 000 euros pour la diffusion de ce magazine la première année voit le montant du contrat tripler les années suivantes, avant de croître encore par la suite.
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12le soccer est pratiqué en amérique du nord, et plus particulièrement au canada, depuis le début du 20e siècle. toutefois, il ne s’agit pas dans un premier temps d’une activité très répandue. c’est surtout avec l’arrivée de nouveaux immigrants, notamment après la fin de la seconde guerre mondiale, qu’il se développe aux états-unis et au canada. la progression va s’avérer lente. alors que la première coupe du monde a lieu en 1930, il faudra attendre vingt ans pour que le canada ait une équipe nationale qui participe aux côtés des états-unis et du mexique aux éliminatoires d’une coupe du monde. parallèlement, pendant une vingtaine d’années, la présence du soccer à la télévision, uniquement sur radio-canada, est très fragmentaire.
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13selon la fédération de soccer du québec (2011), c’est seulement dans les années 1970 que ce sport connaît un certain essor. en témoigne le fait qu’une majorité des associations régionales voient le jour dans les 18 régions de la province durant cette décennie. il faut aussi attendre ces années-là pour voir le soccer prendre une petite place à la télévision (schwartz et gagnon, 2003). en 1971, radio-canada va diffuser neuf matchs de la north american soccer league (nasl) à laquelle participent les deux équipes canadiennes, soit l’olympique de montréal et les metropolitans de toronto. c’est la première retransmission régulière d’un événement qui prend place pendant une partie de l’année. en 1974, une belle place est aussi accordée à la coupe du monde. toutefois, la présence du soccer à la télévision demeure faible et intermittente, un peu sur le même registre que la présence d’une équipe montréalaise dans une ligue de soccer professionnel. l’olympique de montréal disparaît d’ailleurs en 1973.
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14alors que la nasl fait parler d’elle grâce aux embauches de vedettes sur le bord de la retraite – tels le brésilien pelé, l’allemand beckenbauer et le néerlandais cruyiff dans l’équipe du cosmos de new york – montréal voit la création du manic en 1981 qui va attirer plus de 50 000 personnes au stade olympique. fait nouveau, plusieurs affrontements sont alors diffusés sur tva, mais la programmation ne s’avère pas plus régulière et le manic ne vit d’ailleurs à son tour que pendant trois ans. au même moment, l’équipe nationale du canada demeure une « faible puissance » à l’échelle internationale, excepté en 1986, année où elle se qualifie pour la phase finale de la coupe du monde qui se tient au mexique. cependant, à part cette année-là, elle est systématiquement éliminée dès la phase préliminaire organisée à l’échelle du continent par la concacaf (confédération de football d’amérique du nord, d’amérique centrale et des caraïbes) alors que le nombre de pays qualifiés ne cesse d’augmenter au fur et à mesure que le football s’internationalise. c’est dire le faible niveau d’ensemble du soccer professionnel au canada. pendant ce temps, l’équipe de hockey du canadien de montréal fait le bonheur des cotes d’écoute des chaînes de télévision généraliste, radio-canada et tva puis tqs pendant de nombreuses années, et de ce fait favorise la rentrée de recettes publicitaires. le soccer voit donc toujours sa place demeurer faible, du moins jusqu’aux années 1990. pourtant, les choses sont en train de changer car la pratique amateur et la demande de spectacles sportifs sur les chaînes de télévision sont en augmentation.
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15après la forte croissance dans les années 1950 et 1960, les années 1970 sont celles de la remise en cause du développement de type fordiste. pour perdurer, la croissance ne pouvait plus reposer sur l’expansion des marchés auprès d’un nombre toujours plus large de consommateurs. une période de surcapacité de production apparaît, où il importe de trouver de nouveaux « gisements » pour écouler les surplus. concrètement, étant donné que la grande majorité des foyers avait maintenant accès à un vaste ensemble de biens, comme la voiture et le téléviseur, il importait que les biens se multiplient par foyer et que leur remplacement soit le plus souvent possible favorisé. ce régime post-fordiste (lipietz, 1996 ; zarifian, 1996 ; gorz, 1997) se caractérise aussi par une libéralisation des secteurs dans le but d’accroître un dynamisme économique. les situations de monopole public ou privé ont été considérées d’un point de vue négatif dans le contexte de la montée en puissance de ce que l’on va appeler l’idéologie du néolibéralisme. cette dernière va d’ailleurs largement contribuer à repenser le rôle de l’état, lequel se voit invité de plus en plus à devenir accompagnateur des dynamiques portées par le marché déréglementé, voire libéralisé (vedel, 1999).
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17on voit bien ici que les notions de modèles de flot et de club portent en elle le positionnement de différents acteurs sociaux les uns par rapport aux autres, ceux-ci entretenant des relations de dépendance inégales. dans le cadre de la télévision de flot, l’objectif consiste à toujours maximiser les audiences, soit pour les chaînes privées afin d’attirer le maximum de recettes publicitaires, soit pour les chaînes publiques afin de revendiquer une assise « populaire » et notable en termes d’audience. dans celui de la télévision de club, l’objectif principal consiste dorénavant à attirer et à garder le plus grand nombre possible d’abonnés, car les recettes proviennent non seulement de la publicité mais également, et surtout, des frais d’abonnement.
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18en france, la première chaîne privée commence donc à proposer ses programmes en 1984. il s’agit de canal + qui se fait connaître pour son offre de films de cinéma – elle va devenir le principal financeur du long métrage dans ce pays – et de retransmissions sportives, à commencer par le football. son statut est quelque peu particulier car elle est diffusée par la voie hertzienne et non par câble ou satellite, alors très peu développés. les premiers matchs de football qui y sont diffusés sont ceux du championnat national. nouveauté : alors que jusque-là, les retransmissions commençaient seulement quelques minutes avant le coup d’envoi, dorénavant, la chaîne accorde plus de temps à l’« avant-match ». il faut dire que celui-ci est diffusé gratuitement. par conséquent, une grande majorité des téléspectateurs y a accès jusqu’au coup de sifflet de l’arbitre annonçant le début de la rencontre. au cours de la même année, tf1 commence à revendiquer sa préséance parmi les chaînes généralistes sur le football. la france vient alors de gagner le titre de champion d’europe des nations. la première chaîne de télévision obtient le « transfert » des deux commentateurs historiques des matchs de l’équipe nationale, thierry roland et jean-michel larqué de sa concurrente publique antenne 2, et se considère dorénavant comme le diffuseur du football. c’est d’ailleurs avec les bleus qu’elle va atteindre ses taux d’audience les plus élevés de son histoire. capter le plus grand nombre possible de téléspectateurs devient d’autant plus crucial pour tf1 en 1986 que celle-ci, fait rare au monde, est privatisée. cette privatisation change d’ailleurs notablement le paysage audiovisuel français. les chaînes commerciales deviennent « instantanément » dominantes en termes de parts de marché, avec une chaîne principale totalisant à la fin des années 1980 environ 40 % de l’auditoire et 50 % des revenus totaux générés par la publicité à la télévision. (george, 1998, p. 7). c’est une illustration parfaite du modèle de flot.
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19le football étant le sport qui attire les audiences les plus fortes en france, il devient dès lors un programme de plus en plus prisé à partir même du moment où la compétition entre diffuseurs augmente. l’information sportive devient une marchandise (papa, 2002), une marchandise qui nécessite des investissements considérables de la part des entreprises chargées de l’achat des droits qui commencent à croître dans ce contexte. symbole de la transformation en cours, c’est en 1986 qu’est introduite la pratique de l’appel d’offres. les responsables du football français ont bien compris qu’il était temps pour eux d’obtenir des sommes beaucoup plus considérables de la part des diffuseurs qui, eux-mêmes, utilisent le spectacle sportif pour amasser les recettes en termes de publicité (pour tf1) et avant tout en termes d’abonnement (pour canal +).
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20en 1990, les droits tv qui comptaient pour moins de 1 % des recettes dix ans plus tôt représentent dorénavant presque le quart des ressources des clubs de football professionnel. l’année suivante, alors qu’aux niveaux national et international l’olympique de marseille (om) de l’homme d’affaires français bernard tapie s’avère incontestablement l’équipe française dominante, canal + rachète l’équipe du paris saint-germain (psg). afin de rendre plus spectaculaires les matchs entre l’om et le psg, canal + investit beaucoup d’argent et favorise l’émergence d’une rivalité entre les deux clubs de marseille et de paris sur la base de la « vieille opposition » entre la capitale et la cité phocéenne. les affrontements entre les deux équipes, baptisés le classique vont d’ailleurs devenir parmi ceux qui attirent le plus grand nombre d’abonnés de la chaîne.
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21canal + réussit à demeurer le principal diffuseur du football « payant » en france alors que tf1 le reste pour le football gratuit. il n’est pas rare d’ailleurs que les deux entreprises s’allient. la coupe du monde de 1998, tenue en france, constitue en la matière un événement emblématique. tf1 organise sa grille de programmes autour des matchs les plus prometteurs de la compétition en termes d’audience (matchs de l’équipe de france, ¼ de finale, ½ finale et finale). canal + diffuse également ces matchs, mais elle retransmet aussi tous les autres. de plus, alors que tf1 se limite principalement à la retransmission des oppositions, sa « concurrente » développe un vaste ensemble de programmes complémentaires prenant la forme d’avant-matchs, d’après-matchs, de reportages, voire de documentaires. l’objectif consiste à s’adresser à ses abonnés ; les « vrais » amateurs de football. dans le cadre du modèle de club, son objectif consiste bien à augmenter ce nombre d’abonnés et à en retenir le plus possible. le jour de la finale constitue une « bonne affaire » pour les deux entreprises qui diffusent celle-ci en partageant un même signal vidéo, mais disposant de caméras supplémentaires et de leurs propres commentateurs chacune de leur côté. les bleus jouent contre le pays par excellence du football, le brésil. l’événement attire en france presque 25 millions de téléspectateurs, dont plus de 20 millions sur tf1 et plus de 3 millions sur canal + (albouy, 2000, p. 49). à cette occasion, le spot de publicité atteint 1,5 million de francs. tf1 ramasse alors en quelques minutes plus de 60 millions de francs3. un record pour l’époque.
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23cela dit, si la concurrence entre canal + et tps fait les affaires des équipes de football professionnelles, surtout de ligue 1, voire d’autres championnats, elle pose problème du côté des diffuseurs qui ont bien des difficultés à assurer la rentabilité des activités télévisuelles. résultat : en 2005, vivendi, maison mère de canal +, annonce la fusion avec tps. en fait, il s’agit d’une acquisition de tps alors détenue par tf1 et m6, qui sera dissoute dans canalsatellite, devenue canalsat. la deuxième moitié des années 2000 consacre le triomphe du groupe canal + qui concentre l’essentiel des droits du championnat de france et des principaux championnats étrangers (allemagne, angleterre, espagne et italie). quant à la ligue des champions de l’uefa, elle est dorénavant partagée entre canal + et tf1, cette dernière retransmettant les matchs les plus prestigieux de cette compétition de plus en plus considérée comme celle qui a le niveau de jeu le plus élevé au monde.
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24la décennie 2010 va encore changer la donne. ces années sont en effet marquées par le lancement d’un nouveau concurrent pour le groupe canal +, à savoir les chaînes bein sports, créées par le conglomérat qatari, al jazeera5. cela fait bientôt trente ans que le football fait partie de l’offre de canal + et, incontestablement, il est de ceux qui ont permis à l’entreprise d’attirer bon nombre d’abonnés. on estime en effet que le football et au-delà le sport constituent presque les ¾ des motivations en termes d’abonnement et de réabonnement (bourg, 2007) de la chaîne et de ses variantes, à commencer par canal + sport. or, à son arrivée sur le marché français, le groupe qatari commence par acheter la majorité des droits de la ligue des champions de l’uefa que se partageaient auparavant canal + et tf1, et ce avant même de lancer ses propres chaînes. al jazeera aurait obtenu la diffusion de l’essentiel des matchs pour plus de 60 millions d’euros par an. tf1 a décidé de ne pas suivre la surenchère, d’autant plus qu’aucune équipe française n’a gagné la prestigieuse compétition depuis l’om en 1993. autrement dit, les audiences ne sont guère au rendez-vous. ces matchs s’avèrent en tout cas nettement moins rentables que ceux de l’équipe nationale. dans la nouvelle configuration, canal + réussi à garder quelques oppositions de la ligue européenne en achetant le « lot » le plus prestigieux. par la suite, le groupe al jazeera acquiert également l’essentiel des droits du championnat de france de ligue 1, mais cette fois encore, c’est canal + qui garde les oppositions les plus intéressantes. avec le catalogue qu’elle vient d’acquérir, al jazeera crée plusieurs chaînes uniquement spécialisées dans le sport, et principalement dans le football. afin de bien marquer sa différence avec canal +, l’abonnement aux chaînes bein sports 1 et 2 est fixé à seulement 11 euros par mois contre 39 euros pour canal +. de plus, il est sans engagement, alors que pour canal +, la durée d’abonnement est d’un an minimum. pendant ce temps, tf1 s’est donc concentrée sur l’acquisition des droits des matchs de l’équipe de france qui ne peuvent être retransmis que sur des chaînes gratuites. en 2009, la fédération française de football (fff) annonce que la chaîne historique va payer 45 millions d’euros par an jusqu’en 2014 pour garder l’exclusivité des bleus. tf1 achète également l’exclusivité des droits de la coupe du monde 2014 pour la somme de 130 millions d’euros, mais revend 36 des 64 matchs de la compétition la plus importante au monde à bein sports, qui souhaite ainsi renforcer son offre afin d’augmenter encore plus son nombre d’abonnés. c’est d’ailleurs à cette occasion que les chaînes qataries dépasseront la barre des 2 millions d’abonnés en france.
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sarahauger
26en 1992, l’impact de montréal, propriété du groupe saputo, obtient une franchise au sein de l’american professional soccer league (apsl) et, seulement deux ans plus tard, l’équipe remporte le championnat en battant les colorado foxes. douze ans après la disparition de la nasl, nait en 1996 la major league soccer (mls). mais alors que la première avait mis l’accent sur l’acquisition de joueurs vedettes vieillissants en provenance d’europe et d’amérique du sud, la deuxième mise sur la formation de jeunes. on applique enfin le principe selon lequel le soccer en tant que sport professionnel ne peut pas se développer sur le continent nord-américain sans ancrage parmi les pratiques culturelles. démarrée avec dix clubs en 1996, la mls en compte le double vingt ans plus tard, parmi lesquelles l’impact de montréal, le toronto fc et les whitecaps de vancouver. si la coupe du monde et dans une moindre mesure le championnat d’europe des nations attirent des spectateurs en alternance tous les deux ans à la télévision, notamment sur rds et tsn, la participation d’une équipe montréalaise au plus haut niveau du soccer nord-américain apparaît importante pour fidéliser à l’antenne les québécois. bachir sirois-moumni écrit à ce sujet :
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sarahauger
29l’offre en matière de télévision spécialisée dans le sport augmente donc notablement et les parties de l’impact deviennent dans ce contexte un enjeu notable, même si le club demeure évidemment moins important que celui de l’équipe de hockey du canadien. à ce sujet, après s’être opposées, les deux entreprises majeures de la télévision au québec se retrouvent chacune avec une partie du « gâteau ». tva sports gagne le statut de diffuseur officiel de l’impact sur le marché local et obtient le droit de retransmettre 24 matchs de l’équipe, alors que rds devient le diffuseur francophone officiel de la mls et, par conséquent, retransmet les 12 autres matchs joués par l’équipe en saison régulière. de plus, si l’impact se qualifie pour les séries, la phase finale de la mls qui mène au gain de la coupe, les matchs sont alors tous diffusés par rds. du reste, rds, rds 2 et rds info diffusent d’autres matchs du championnat chaque semaine dont plusieurs du toronto fc et des whitecaps de vancouver. d’aucuns trouveraient peut-être cette situation quelque peu étonnante. toutefois, celle-ci nous apparaît tout à fait compatible avec le fait que pour les groupes bell, québecor et rogers, c’est le nombre d’abonnés qui demeure essentiel. par conséquent, tout supporter de l’impact doit en fait être abonné à la fois à rds, rds 2 et rds info d’une part, à tva sports et à tva sports 2 d’autre part pour avoir accès à l’ensemble des parties de son équipe. cette tendance au « partage » n’est pas unique en son genre. pourtant concurrents sur le terrain anglophone, bell et rogers se partagent néanmoins chaque semaine la diffusion de la totalité des matchs de la premier league en provenance d’angleterre.
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sarahauger
30enfin, la diffusion du soccer augmente encore en 2014 avec le lancement au canada de deux chaînes bein sports, l’une en anglais et l’autre en espagnol. cette nouvelle entreprise bénéficie non seulement du soutien de la maison mère al jazeera, comme en france, mais aussi de son partenaire canadien, ethnic channels group. bein sports déjà présente aux états-unis depuis deux ans avait bien essayé de pénétrer toute seule le marché canadien au cours de l’année précédente, mais cela s’était avéré impossible étant donné les règles concernant la propriété, nécessairement canadienne, des entreprises de télédiffusion. d’où l’alliance avec ethnic channels group, fournisseur dans le pays de plus d’une centaine de chaînes de télévision à des publics d’origines ethniques diverses. coïncidence ? la programmation de bein sports étant principalement consacrée au soccer, c’est comme si ce dernier demeurait avant tout comme un programme ethnique, du moins du point de vue du crtc. dès leur lancement, les chaînes en anglais et espagnol se sont mises à diffuser les matchs des compétitions dont les droits ont été achetés, soit les championnats nationaux espagnols (la liga), considéré comme le meilleur au monde avec l’anglais, français (la ligue 1) et italien (la serie a), mais elles ont aussi acheté les droits des éliminatoires de la coupe du monde pour les zones de la concacaf (amérique du nord, amérique centrale et caraïbes) et de la conmebol (amérique du sud), de la copa america ainsi que ceux de la ligue des champions européens et de sa petite sœur, la ligue europa, et ce avec… tsn et rds. où l’on retrouve finalement l’idée selon laquelle la stratégie peut également consister à se partager un marché dans le cadre de la domination de la télévision de club. on constate par ailleurs que la stratégie de bein sports repose à une échelle internationale sur l’idée qu’il apparaît plus rentable à terme d’acheter des droits de diffusion de façon groupée sur plusieurs marchés.
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sarahauger
32au québec et au canada, la situation est différente tout en présentant des points communs. tout comme en france, le sport tient une place importante dans les programmes de flux diffusés à la télévision traditionnelle, que celle-ci soit généraliste ou spécialisée, distribuée par le câble, le satellite ou les réseaux numériques, dont l’internet. toutefois, à la différence de ce qui se passe en france, le soccer constitue au québec et au canada un programme de sport de complément, notamment par rapport au hockey sur glace. il ne peut donc pas servir de source importante de financement, tant en termes de revenus publicitaires que de recettes d’abonnement, et ne constitue pas un objet de luttes de grande ampleur en termes de droits de diffusion, même s’il y a maintenant compétition entre plusieurs entreprises. néanmoins, la place du soccer à la télévision est en augmentation très forte, notamment suite à la multiplication des chaînes spécialisées.
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sarahauger
35toutefois, ces situations d’équilibre peuvent être « bousculées » par l’entrée de nouveaux acteurs. cela a par exemple été le cas tour à tour en france puis au canada avec l’arrivée du groupe qatari, al jazeera. nous avons vu qu’au canada, l’arrivée de bein sports s’est accompagnée à la fois d’achats de droits notables et d’un partage de certains d’entre eux avec des entreprises « locales ». en france, depuis 2011, un certain équilibre entre bein sports et canal + avait été à nouveau trouvé, mais il est à ce jour toujours fragile. d’une part, cette surenchère sur les droits constitue un danger pour les finances des entreprises. ainsi, cinq ans après son implantation en france, bein sports est manifestement toujours déficitaire malgré une certaine réussite en termes de nombre d’abonnés, celui-ci touchant actuellement les 3 millions. au mieux, selon le cabinet natixis, ce niveau d’abonnement pourrait générer un total de 275 millions d’euros de recettes annuelles alors que la grille de programme des chaînes du groupe coûte environ 400 millions (ecofoot.fr, 2015 b). maintenir un coût d’abonnement relativement faible de 13 euros par mois serait-il incompatible avec la recherche de rentabilité ? cet équilibre précaire a aussi été remis en cause lors de l’arrivée d’un nouveau « joueur » sur le terrain. nous avons pu le constater en france alors que les droits de la premier league ont été achetés par un nouveau venu en 2015, la multinationale altice, spécialisée dans les télécommunications. grâce à une surface financière importante, l’entreprise a payé plus de 120 millions d’euros par an pour acheter ce qui demeure un championnat étranger, alors que canal + déboursait seulement la moitié auparavant. problème, canal + s’était vu auparavant privé des droits d’une partie de la ligue 1, ainsi que de la totalité des droits de la bundesliga, de la liga et de la serie a par bein sports. elle s’est aussi retrouvée en compétition aux côtés d’autres pour l’acquisition de films de cinéma, son autre contenu historique, à commencer par netflix. résultat : le nombre d’abonnés supérieur à 6,4 millions en 2008 est descendu en dessous de 6 millions en 2015. les pertes sont considérables : 180 millions en 2014, 250 millions en 2015 et peut-être jusqu’à 400 millions d’euros en 2016. c’est d’ailleurs ce qui explique pourquoi la direction du groupe canal + a cherché à passer un accord6 avec bein sports contre leur nouvel ennemi commun, altice. un accord qui a été refusé par l’autorité de la concurrence.
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sarahauger
37on comprend dès lors l’augmentation considérable de la diffusion des matchs de football des deux côtés de l’atlantique. en france, plusieurs parties opposant des équipes de ligues telles que celles du portugal ou de russie sont diffusées sur des chaînes qui jusque-là ne jouaient qu’un rôle mineur à ce sujet. cette médiatisation profite aussi aux équipes de division inférieure ainsi qu’aux équipes féminines. de plus, un nombre notable d’émissions traitant de football sont apparues sur les écrans. la chaîne l’équipe s’est fait connaître par des émissions de débat sur le sport et notamment le football avant même de retransmettre des matchs de ce sport.
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38au canada, la place du soccer a aussi significativement augmenté, mais il s’agit – encore du moins – d’un programme d’accompagnement. les matchs en soirée au moment où les cotes d’écoute de la télévision sont les plus élevées, sont beaucoup plus rares, ne serait-ce qu’en raison du décalage horaire avec l’europe. en outre, la place du soccer dans les journaux d’information télévisée et les magazines demeure également modeste alors qu’elle est notable, voire centrale en france. néanmoins, il semble que cette fois, les états-unis ont mis sur pied une ligue plus solide que les précédentes. la direction de la mls a d’ailleurs pour ambition de faire passer le nombre de franchises de 20 à 28 d’ici 2020, et ce, afin notamment de favoriser une couverture télévisuelle complète sur l’ensemble du territoire étatsunien.
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